Grèce-UE : le dialogue de sourds se poursuit au Parlement européen

Grèce-UE : le dialogue de sourds se poursuit au Parlement européen

MUSCLÉ - Alexis Tspiras a livré une plaidoirie anti-austérité mercredi matin devant le Parlement européen, sans donner de précisions sur les nouvelles propositions du gouvernement grec. La droite majoritaire lui a renvoyé le préalable des réformes structurelles, dans un climat tendu.

On s'attendait un peu à un procès public d'Alexis Tspiras au Parlement européen. Ce fut le cas, mais pas seulement. Dans une ambiance plutôt animée, le chef du gouvernement grec, dont de nouvelles propositions sur la dette sont attendues dans les jours qui viennent, a pu livrer sa plaidoirie anti-austérité devant les eurodéputés, fort du "non" de son pays au référendum dimanche . Face à lui, des banderoles "Oxi" et "Nai" déployées respectivement par ses soutiens et ses adversaires. Le tout pour un simple débat, le Parlement européen n'ayant aucun pouvoir sur les décisions de l'Eurogroupe concernant cette crise.

"Le peuple grec a fait des efforts exceptionnels d'ajustement qui l'ont épuisé", a lancé Alexis Tsipras. Tout en reconnaissant que d'autres pays, dont l'Espagne et le Portugal, ont également subi des cures d'austérités, il a assuré que "nulle part ces programmes n'ont été aussi durs et longs qu'en Grèce. Notre pays est devenu en 5 ans le terrain d'expérimentation de l'austérité, et cette politique a été un échec". S'il n'a pas dévoilé les nouvelles propositions qu'il fera à la suite du référendum, le Premier ministre a avancé quelques pistes : rééchelonnement de la dette par l'Europe, appel au Mécanisme européen de stabilité (MES) pour en racheter une partie, lutte contre la corruption et la fraude fiscale. Tout en assurant souhaiter que son pays reste dans l'Union européenne.

Dialogue de sourds

Dans l'enceinte du Parlement européen, Alexis Tsipras a bien sûr trouvé des oreilles attentives chez les souverainistes, ainsi qu'au sein du groupe socialiste, fermement opposé au "Grexit", c'est-à-dire la sortie de la Grèce de la zone euro. La présidente du Front national, Marine Le Pen, en a profité pour livrer un réquisitoire en faveur d'une liquidation pure et simple de l'euro, "frère siamois de l'austérité". Chez les écologistes, Eva Joly a demandé à François Hollande de "sortir de sa torpeur" face à la chancelière allemande, Angela Merkel, qui "joue avec le feu".

Mais sur le fond, c'est un dialogue de sourds qui a suivi cette intervention. Lorsqu'Alexis Tsipras a parlé de rééchelonner la dette, une partie des députés européens - majoritairement de droite - lui a répondu "réformes structurelles". Certains sont même allés plus loin. "Les extrémistes de l'Europe vous applaudissent, Fidel Castro vous envoie ses félicitations. Vous n'avez pas les bons amis", a jeté l'eurodéputé allemand Manfred Weber (PPE), accusant la Grèce d'égoïsme vis à vis des autres pays membres. "Respectez aussi les gens modestes dont les impôts servent à payer vos dettes", a poursuivi Sylvie Goulard (Mouvement démocrate). Une alternance d'avoinées et de soutiens à la Grèce qui tranche avec le silence assourdissant qui entourait jusqu'ici les négociations à huis clos entre l'Union européenne et le pays-membre. Mercredi après-midi, la Grèce sera également au menu des discussions à l'Assemblée nationale . Un débat, là encore, sans vote des députés.

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