Comment Macron a mis les fonctionnaires en colère

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MOBILISATION - Pour la première fois depuis le début du quinquennat, les syndicats appellent les agents de la fonction publique à faire grève et à manifester ce mardi 10 octobre. Mais pourquoi descendent-ils dans la rue ?

De nombreux fonctionnaires seront dans la rue ce mardi pour faire entendre leur désaccord avec les mesures annoncées par le gouvernement les concernant. Depuis l’arrivée au pouvoir de la nouvelle majorité, les syndicats dénoncent une série "d'attaques sans précédent", dont la suppression de 120.000 postes annoncée d'ici à 2022, la réinstauration du jour de carence ou encore le gel du point d'indice (qui permet de calculer leur salaire), qu'ils regrettent d’avoir appris "par voie de presse", au "mépris du dialogue social le plus élémentaire". 

Ils jugent également insuffisantes les premières propositions pour compenser la hausse de la CSG, puisqu'ils ne bénéficieront pas de la baisse des cotisations salariales du fait de leur statut. Ce lundi, Edouard Philippe a annoncé un mécanisme de compensation qui se fera "de deux façons différentes" : diminution des cotisations salariales pour ceux qui en ont et "versement de prime" pour ceux qui n'en ont pas. "Donc il y aura une neutralisation complète de l'augmentation de la CSG", promet le Premier ministre.

Les syndicats craignent aussi une profonde remise en cause de leur statut qui vise à les protéger, tout comme les usagers, de tout clientélisme. La rémunération au mérite ou en fonction du versant de la fonction publique, évoquée par Emmanuel Macron, ou encore l'exclusion des organisations syndicales d'une réflexion sur les missions et les réformes envisagées au profit de personnalités étrangères et d'entreprises, ajoutent encore à leurs craintes.

Incapables, jusqu'à présent, de constituer un mouvement unitaire contre la réforme du Code du travail, les grandes centrales syndicales soutiennent en revanche unanimement le mouvement des fonctionnaires. La mobilisation promet d'être "forte", selon les syndicats, qui se félicitent d’être parvenu à mobiliser les trois versants de la fonction publique (Etat, hospitalière, territoriale). 


Près de 130 manifestations et rassemblements sont prévus dans 90 départements. A Paris, le cortège partira à 14h de la place de la République pour rejoindre celle de la Nation. Fait inédit depuis 2009, une dizaine de syndicats de praticiens hospitaliers (médecins, pharmaciens, dentistes) se sont joints à l'appel du secteur paramédical (infirmiers, aides-soignants). Plusieurs syndicats d'enseignants du privé appellent également à la grève aux côtés de ceux du public. 


Des soignants aux enseignants, des ministères à Pôle Emploi, la grève se traduira également par des fermetures de crèches, d'établissements scolaires et de nombre d'autres services publics, où sera cependant souvent mis en place un service minimum, comme le prévoit la loi. Des perturbations pourraient également toucher les transports, certains syndicats de cheminots et de la RATP ayant appelé à soutenir le mouvement.

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