Une hausse des salaires de 1% ferait-elle rentrer 2,5 milliards d'euros dans la caisse des retraites, comme l'affirme Jean-Luc Mélenchon ?

Augmenter les salaires résoudrait-il le problème de financement des retraites ?

À LA LOUPE - Parmi les pistes envisagées par les Insoumis - comme d'autres - pour assurer le financement du système actuel, l'augmentation des salaires et, mécaniquement, des cotisations. Les montants évoqués sont-ils viables ?

Comment financer le système des retraites ? Si le gouvernement souhaite augmenter l'âge de départ à la retraite avec l'instauration d'un âge pivot à 64 ans et l'application d'une décote sur les pensions, La France Insoumise a d'autres idées en tête. 

Lors de son meeting du 19 décembre de présentation du contre-projet pour les retraites, Jean-Luc Mélenchon avait évoqué plutôt la hausse des salaires et des cotisations pour assurer l'équilibre du système actuel. L'hypothèse d'une hausse des cotisations a d'ailleurs été évoquée également par le patron de la CFDT, Laurent Berger, tout comme par la CGT pour financement un abaissement de l'âge de départ à 60 ans, mais retoquée par le gouvernement, mais aussi par le patronat, qui ne veut pas en entendre parler.

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LFI mise sur une hausse générale des salaires

Lors de ce meeting organisé à Paris, Jean-Luc Mélenchon avait notamment déclaré qu'une hausse de 1% des salaires assurerait une recette de 5 milliards d'euros de cotisation. Une somme importante, mais y parviendrait-il ? 

Nous avons donc demandé des précisions à La France Insoumise. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon nous explique qu' "à taux de cotisation constant, cette augmentation de 1% des salaires permet une augmentation de 2,5 milliards d’euros pour la Sécurité sociale, car la dynamique des salaires et de l’emploi est la meilleure solution pour mettre à l’équilibre les comptes sociaux. C’est notamment ce qu'il s’est produit en 2000 et en 2001, quand toutes les caisses de la Sécurité sociale sont revenues à l’équilibre du fait des créations d’emplois et de l’augmentation des salaires." 

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La hausse des cotisations, deuxième étage de la fusée

L'autre versant du contre-projet retraite est la hausse des cotisations. "Avec un point de cotisation en plus, les caisses d’assurance-vieillesse reçoivent environ 5 milliards d’euros supplémentaires", assure-t-on chez LFI. Comment arrive-t-on à ce calcul ? Le mouvement nous explique que son contre-projet s'appuie sur la valeur du point de cotisation à la branche vieillesse pour les régimes de base. Ne paniquez pas, on vous explique tout. 

Une partie de la rémunération versée par l'employeur à son salarié, puis une partie de la rémunération perçue par le salarié, sont grevées de prélèvements sociaux, dont une part alimente les retraites. C'est ce que l'on appelle les cotisations sociales. Mécaniquement, augmenter la part de ces cotisations sociales enrichit la caisse des retraites. Un point correspond à la part du salaire consacré à ces cotisations. 

Alors d'où provient le chiffre de 5 milliards d'euros si les cotisations augmentent de 1% ? Les Insoumis nous expliquent qu'ils s'appuient sur les annexes du Projet de loi de finance de la sécurité sociale de 2017. En effet, le point de cotisation est bien établi entre 4,7 et 5,6 milliards d'euros en 2015. Et si nous prenons les données les plus récentes, un seul point de cotisation représente désormais 8,5 milliards pour les régimes de base. 

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La hausse des cotisations avait été étudiée par le COR

L'idée d'assurer l'équilibre financier du système actuel des retraites par la hausse des cotisations ne provient pas seulement de La France Insoumise. Le Conseil d'orientation des retraites (COR) a également étudié la question dans son rapport de novembre 2019. D'après les calculs du COR, il serait possible d'atteindre l'équilibre à l'horizon 2025 avec une hausse des cotisations de la part salariale comprise entre 0,7 et 1,5 point, selon les projections économiques envisagées. "Un équilibre atteint sans toucher à aucun autre levier pour rétablir l’équilibre, ni l'âge ou autre", explique le COR à LCI. 

Conséquence plus surprenante d'après les conclusions du Conseil, la hausse des cotisations n'affecterait pas la hausse moyenne des salaires des Français, et ce quelles que soient les projections économiques envisagées. Cela représenterait une hausse comprise +5,4% et +6,6% du salaire moyen entre 2018 et 2025. Une limite toutefois à ce raisonnement : l'inflation n'est pas prise en compte dans les projections. Sans une hausse des cotisations, les salaires augmenteraient ainsi encore plus. 

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