VIDÉO - Bernard Cazeneuve en soutien aux policiers : "Vous demandez des moyens, nous vous les donnons"

FRONDE - Après plusieurs nuits de manifestations rassemblant des centaines d'agents à Paris, en banlieue, à Lyon, Toulouse ou Montpellier, les policiers ont obtenu des gages du gouvernement ce vendredi. Mais la colère ne retombe pas pour autant.

Pour la première fois depuis le début du mouvement de colère, environ 200 policiers ont manifesté ce vendredi à Lille devant la préfecture. A Marseille, ils étaient à nouveau plus de 100 à être rassemblés sur les marches du palais de justice, ou encore 150 à Grenoble. Le mouvement ne semble pas s'essoufler malgré les annonces du gouvernement.


"Vous demandez des moyens, nous vous les donnons. Vous demandez du soutien, il vous est acquis", a assuré Bernard Cazeneuve dans une lettre envoyée aux policiers, affirmant mesurer les conditions "éprouvantes" dans lesquelles ils travaillent, deux semaines après l'attaque aux cocktails Molotov qui a blessé quatre policiers à Viry-Châtillon (Essonne). 

   

Jeudi 20 octobre, le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas, accusé par le syndicat de la magistrature de se comporter en "ministre de la police", a promis "la plus grande fermeté" pour les agresseurs et refusé de rétablir les peines plancher. Les critiques des policiers contre la justice relèvent d'un "manque d'informations" a estimé le garde des Sceaux, qui s'est engagé à les informer des suites judiciaires de leurs enquêtes.


La veille, Bernard Cazeneuve avait annoncé le lancement en novembre d'un plan "de sécurité publique" et des concertations "en profondeur" dès lundi 24 octobre dans chaque département pour déterminer les besoins. Les conclusions de ces 

concertations doivent être remises "en décembre pour une mise en oeuvre dès 2017". 


Ce vendredi matin, le patron des policiers Jean-Marc Falcone a affirmé qu'il ferait des propositions "la semaine prochaine" à Bernard Cazeneuve. Un vaste plan de moyens matériels supplémentaires (fusils d'assaut, voitures, gilets pare-balles) avait, en effet, été décidé à la suite des attentats de 2015 mais ils ont essentiellement bénéficié aux unités spécialisées.

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Au-delà des moyens matériels, c’est une vraie réponse pénale que demandent nos policiersEric Ciotti, député LR

Le député Les Républicains, Eric Ciotti a tenu à répondre au ministre de l'Intérieur : "Au-delà des moyens matériels, c’est une vraie réponse pénale que demandent nos policiers", s'est-il indigné sur Twitter. "Pour ce faire, il convient de donner aux policiers les moyens juridiques de mieux se défendre et d’engager un véritable réarmement pénal face à une délinquance de plus en plus violente", a-t-il ajouté.

 

Le député défend, par ailleurs, une proposition récurrente dans son discours qui a été rejetée trois fois par les députés : "Le cadre de la légitime défense des policiers doit évoluer avec la suppression de la notion de proportionnalité qui n’est pas adaptée aux forces de l’ordre". Selon lui, les violences auxquelles ont été confrontés les policiers à Viry-Châtillon sans pouvoir riposter en témoignent. Un argument également repris par l’extrême droite.  A l'image de Karim Ouchikh , président du SIEL, un parti politique souverainiste, principal allié du Front national, auteur d'un tweet sans concession sur le sujet le 10 octobre.

Des affirmations pourtant complétement fausses. Un policier menacé peut tout à fait se défendre aux yeux de la loi. Des droits qui ont même été élargis en juin dernier, lors de l'adoption de la loi renforçant la lutte contre le crime organisé, qui autorise les policiers, gendarmes et douaniers  à faire usage de leur arme "en cas de périple meurtrier" et plus seulement s'ils sont directement attaqués.

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