VIDÉO - Guyane : après les excuses de la ministre Ericka Bareigts, les négociations reprennent calmement

APAISEMENT - Alors que l'ambiance était électrique pour le début des négociations visant à stopper le conflit social en Guyane, les excuses de la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts ont permis de reprendre les pourparlers de façon plus sereine.

"Au bout de tant d’années, c’est à moi que revient l’honneur de dire, au-delà de ma petite personne, au-delà des fonctions, toutes mes excuses au peuple guyanais". Après dix jours de conflit social en Guyane, la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts a dû se confondre en excuse, perchée sur le perron de la préfecture et mégaphone à la main, pour apaiser la tension qui régnait depuis son arrivée.


Accompagnée du ministre de l’Intérieur Matthias Fekl, elle avait atterri en Guyane mercredi soir dans une ambiance électrique. Les premières négociations avec les leaders de la contestation n’avaient même pas duré 30 minutes jeudi matin, avant que ces derniers ne quittent les lieux.  


Les mots de la ministre devraient permettre d’avancer plus efficacement désormais. "Si j’ai blessé la Guyane, je ne sais de quels maux, mais si j’ai blessé la Guyane, alors ça ne sera pas moi, Ultramarine, qui reculera devant des excuses", a-t-elle poursuivi. "Pour beaucoup de choses, si on s’était excusé, peut-être qu’on aurait avancé beaucoup plus sereinement et qu’on ne serait pas arrivé là aujourd’hui".

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Guyane : deux ministres face à l’immense attente des habitants

Certaines revendications déjà validées...

Suite aux paroles d’Ericka Bareigts, qui se référaient à la fois aux années de sous-investissement de Paris dans le département et au déplacement tardif des ministres sur place, une des leaders de la contestation, Gaëlle Lapompe Paironne, a enlacé la ministre pour la remercier. "Il s’est passé quelque chose de fort. Les conditions de la confiance sont là", a réagi auprès de l’AFP Matthias Fekl.

Le dialogue va donc pouvoir reprendre plus sereinement, d’autant que certaines mesures ont déjà été validées par le gouvernement. Un Tribunal de grande instance ainsi qu’un centre pénitentiaire seront notamment créés dans la deuxième ville du territoire (Saint-Laurent du Maroni) et une aide exceptionnelle de 20 millions d’euros a été débloquée pour l’hôpital de Cayenne. Selon Matthias Fekl, une "veille ministérielle" est en place à Paris pour "parvenir à des arbitrages" sur les principaux points des 400 pages de propositions amenées aux deux ministres par la délégation guyanaise.

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