Harcèlement sexuel : acculé, Denis Baupin démissionne de son poste de vice-président de l'Assemblée nationale

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POLITIQUE - Accusé par plusieurs témoignages de harcèlement sexuel sur des collègues, Denis Baupin a annoncé par ses avocats qu'il démissionnait de son poste de vice-président de l'Assemblée nationale, tout en contestant les faits qui lui sont reprochés. Avant cela, le monde politique avait largement commenté les révélations de Mediapart et France Inter.

Dès la publication par Mediapart et France Inter de témoignages mettant en cause Denis Baupin dans des affaires de harcèlement et d'agressions sexuelles présumés sur des collègues et élues, lundi matin, les réactions ont fusé dans le monde politique. Le patron d'EELV, David Cormand, a demandé à l'élu parisien de quitter la vice-présidence de l'Assemblée nationale. Même demande formulée par le président de l'institution, le socialiste Claude Bartolone. Un souhait exaucé à la mi-journée : par la voix de ses avocats, Denis Baupin a indiqué qu'il démissionnait, tout "en contestant" les faits qui lui sont reprochés.

Avant cela, deux pétitions dans ce sens ont  également été lancées sur la plateforme Change.org , dont l'une à l'initiative de la féministe Caroline De Haas , déjà à l'origine de la pétition contre la loi Travail qui a dépassé le million de signatures. Au sein de la formation écologiste, les réactions ont été particulièrement vives. Le porte-parole d'EELV, Julien Bayou, a appelé à "briser la loi du silence", "en politique comme ailleurs".


Sur BFMTV , le député (ex-EELV) Noël Mamère a également fait part de son "profond sentiment de malaise, de honte et d'accablement". Analysant : "Ces femmes n'ont rien dit pendant longtemps. Peut-être parce que nous étions dans un parti relativement petit, avec une forme d'entre-soi. Je suis fier que des femmes membres d'EELV se soient décidées" à parler." Sur France Inter, François Rugy, proche de Denis Baupin, s'est dit "abasourdi". "Ce sont des accusations extrêmement graves qui sont portées", a réagi le député. "Denis Baupin est un ami politique et je n'ai jamais eu à connaître de faits de ce type, sinon je les aurais condamnés. C'est à la justice de dire la vérité des faits."

Pécresse "extrêmement choquée"

Même réaction à droite, où Valérie Pécresse, présidente LR de la région Ile-de-France, s'est dite sur France Info "extrêmement choquée par ces témoignages", fustigeant des pratiques "tout à fait intolérables". "Les hommes politiques devraient être, vis-à-vis de ces pratiques de harcèlement sexuel, totalement exemplaires", a-t-elle aussi jugé.


Au PS, le député du Val-de-Marne Luc Carvounas a de son côté appelé Denis Baupin à "s'expliquer" sur cette affaire grave.

Seule voix dissonante, celle du député du Gard Gilbert Collard (proche du Front national), qui verrait presque dans ces accusations… une cabale contre le député écologiste.

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