Harcèlement sexuel : Benoît Hamon savait que l'ex-président du MJS n'avait "pas forcément des comportements adaptés"

Harcèlement sexuel : Benoît Hamon savait que l'ex-président du MJS n'avait "pas forcément des comportements adaptés"

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RÉACTION - Interrogé sur les accusations d'agressions sexuelles qui pèsent sur l'ex-président du MJS Thierry Marchal-Beck, Benoît Hamon a reconnu avoir été alerté des "comportements inadaptés" de ce dernier, "sans aller au-delà".

"Je suis comme la plupart des individus qui se disent : 'Qu'est-ce que j'ai raté et en quoi j'ai été fautif pour laisser des comportements comme ceux-là se développer ?'" Interrogé lundi 20 novembre au matin au micro d'Europe 1, Benoît Hamon est revenu sur les accusations d'agressions sexuelles et de harcèlement qui pèsent sur l'ex-patron du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), Thierry Marchal-Beck, et sur ce qu'il savait de cette affaire.


Libération avait relayé le 15 novembre dernier le témoignage anonyme de huit femmes, accusant Thierry Marchal-Beck de faits pouvant être qualifiés de harcèlement et d'agressions sexuelles entre 2010 et 2014. Aucune plainte n'a été déposée pour l'instant. Et pour cause, la plupart des faits sont prescrits ou en passe de l'être.


Interrogé sur ce qu'il savait de cette affaire, Benoît Hamon, qui a toujours été une figure qui comptait au MJS, a reconnu que l'une des victimes de Thierry Marchal-Beck l'avait "mis en garde contre le fait que ce dernier n'avait pas forcément des comportements adaptés, sans aller au-delà". Et d'ajouter : "Parmi les victimes, il y a des femmes que je connais, mais dont j'ignorais qu'elles avaient été victimes".

On est confrontés, comme dans toutes les organisations, a des informations sur le fait que quelqu'un est un séducteur mais un séducteur un peu pénibleBenoît Hamon, ancien candidat à la présidentielle

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#MeToo : des rassemblements pour dénoncer harcèlements sexuels

"On est confrontés, comme dans toutes les organisations, à des informations sur le fait que quelqu'un est un séducteur mais un séducteur un peu pénible, a ajouté le fondateur du mouvement du 1er juilllet 2017 sur Europe 1. La question est : comment on fait la différence entre ce qui relèverait de la liberté sexuelle, du rapport consenti entre deux personnes et de l'abus de pouvoir, de l'abus réel qui conduit au harcèlement, de l'agression jusqu'au viol ? C'est tout cela dont on doit tenir compte aujourd'hui".


Benoît Hamon a également assuré qu'il allait  écrire à la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa pour "lui demander s'il existe aujourd'hui une forme d'évaluation des bonnes pratiques dans le secteur privé ou dans le secteur public pour être mieux en capacité de lutter contre le harcèlement ou les agressions sexuelles".

Marchal-Beck, ancien chef de cabinet adjoint de Hamon

Et de conclure : "La réalité, c'est que nous sommes confrontés les uns et les autres à une libération de la parole douloureuse mais saine. Il faut y répondre en sachant comment, demain, mieux détecter et mieux prévenir [...] Si ce sont dans nos familles politiques que se libèrent le plus la parole, c'est parce que nos militantes ont été soutenues."


Thierry Marchal-Beck a été le chef de cabinet adjoint de Benoît Hamon lorsque ce dernier était ministre de l'Education et avait également travaillé pour lui lors de la campagne présidentielle. Au début du mouvement "balance ton porc" et "me too", le fondateur du M1717 avait expliqué avoir été confronté à des faits de harcèlement sexuel lors de la campagne et encouragé les victimes à porter plainte en leur proposant les services d'un avocat.

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