Hausse des arrêts maladie : Edouard Philippe se dit favorable au télétravail "pour reprendre progressivement"

Hausse des arrêts maladie : Edouard Philippe se dit favorable au télétravail "pour reprendre progressivement"

Politique
HOME OFFICE - Le premier ministre a diligenté une mission sur l'usage du télétravail en entreprise. Parmi les pistes étudiées : une reprise du travail progressif depuis chez soi après un arrêt de plus de six mois.

Le télétravail pour limiter les arrêts maladie ? L'idée fait déjà bondir les syndicats. "Si on est en arrêt de travail, on est en arrêt, si on est en télétravail, on est en télétravail", a ainsi réagi mercredi 14 novembre François Hommeril, le président du syndicat CFE-CGC. "Mélanger les deux me paraît dangereux, une fausse bonne idée." Edouard Philippe a pourtant monté une mission pour plancher sur ce nouveau levier.


Interrogé à ce sujet sur RTL, le premier ministre a tenté de rassurer et de s'expliquer : "C'est une question délicate. Favoriser le télétravail, oui", mais il ne faut "pas mélanger l'arrêt de travail et le travail", affirme-t-il. Pas très clair. Concrètement qu'est-il envisagé ? 


Le chef du gouvernement souhaiterait avoir recours au télétravail dans certains arrêts maladie afin d'éviter une reprise brutale et favoriser ainsi un retour progressif à l'emploi. Il faut voir, a-t-il expliqué, "comment est-ce qu'on peut reprendre progressivement le travail, notamment par le télétravail, ça peut être une piste intéressante." "Ne pas se placer dans des situations qui soient trop binaires : on ne travaille pas, on n'a pas le droit, puis ensuite on doit travailler complètement", a-t-il ajouter sans en préciser davantage.


Ces arrêts longs, de plus de six mois, sont une priorité du gouvernement, avancent nos confrères de RTL. Selon des documents qu'ils se sont procurés, s'ils ne représentent que 7% des arrêts maladie, ce sont près de la moitié des dépenses de l'Assurance maladie dans le domaine (44%).

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Le télétravail séduit les entreprises

La radio avance d'autres idées plus polémiques. "En pratique, si vous êtes secrétaire et vous vous cassez la cheville, prendre le métro ou votre voiture est certes très compliqué, vous avez aussi sans doute besoin d'être au calme, mais cela ne vous empêche pas de travailler de chez vous, sur un ordinateur. C'est en tous cas, une piste possible pour le gouvernement", assure-t-elle sur son site internet.


Si le gouvernement cherche des solutions, c'est notamment parce que le nombre d'arrêts ne cesse d'augmenter. Selon une étude publiée ce mardi par Sofaxis, le taux d’absentéisme pour raisons de santé dans les collectivités territoriales s'élève à 9,8% en 2017, soit 0,3 point de plus qu'en 2016. Cela représente 39 jours d'absence par an en moyenne. Si ce nombre est moindre dans le secteur privé, il est là aussi en hausse : le nombre de jours d'absence moyen d'un salarié est passé de 16,8 en 2016 à 17,2 en 2018.

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