"Hé oh la gauche, faut se réveiller !" : on a testé... le meeting de soutien à Hollande

"Hé oh la gauche, faut se réveiller !" : on a testé... le meeting de soutien à Hollande

REPORTAGE – Stéphane Le Foll, Najat Vallaud-Belkacem, Emmanuelle Cosse, Marisol Touraine… La garde rapprochée de François Hollande organisait lundi soir un grand meeting "Hé oh la gauche" dans le 6e à Paris. L'objectif : montrer que la gauche est rassemblée, qu'elle a un vrai bilan, positif. On est allé voir.

Dans leur tabac de la rue des Saint-Pères, quartier Saint-Germain, les sœurs Péchaud se marrent. "Tout est bouclé depuis ce matin. Ça fait rire nos clients, ils trouvent que c'est bien vu, pour le PS, de faire sa réunion au service de réanimation !" La vanne est facile, mais juste : c'est à l'université Paris-Descartes, qui abrite la fac de médecine, que se tient ce mardi le meeting orchestré par les proches de François Hollande, Stéphane Le Foll en tête de gondole. Un nom de code : "Hé oh la gauche !" Un objectif : rassembler les troupes, défendre le bilan du PS. Et montrer que oui, il y a bien une différence entre la droite, et la gauche. 

Devant l'entrée, beaucoup, beaucoup de journalistes. Une jolie cohue sous le regard des quelques participants qui patientent avant de rentrer. Bénédicte, "socialiste que depuis 2007" est une fan, une vraie. "C'est pour Hollande que je suis devenue socialiste ! Il faut montrer qu'il y a des gens derrière lui !", martèle la quinquagénaire. A peine plus loin, Josiane a des airs de gentille grand-mère. Mais aligne une belle carrière de militante : encartée depuis 1969, membre de Terra Nova, le think-thank de la gauche, inscrite à "En marche", le parti d'Emmanuel Macron. Pragmatique, positive : "C'est bien qu'ils fassent un point, car les infos vont tellement vite, qu'on a du mal à voir la trame du projet", confie-t-elle. "Ici, j'attends des explications, comprendre pourquoi il y a un tel désamour, pourquoi il y a eu un tel problème de com'." En fait, pour ce meeting, tous les participants sont des militants qui n'entrent que s'ils se sont bien inscrits avant. Et ça, ça peut faciliter le travail des ministres qui vont animer la soirée.

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Un mot d'ordre martelé non-stop

On entre. Un grand amphi, plein à craquer. 600 personnes à vue de nez, et, il faut le reconnaître, pas mal de cheveux blancs. L'assemblée flirte avec la soixantaine bien tassée. En bas, sur l'estrade, une speakerine chauffe la salle. "Salut, ça va ? On va passer une longue et belle soirée ensemble !" Longue… ah bon ? Les caméras se précipitent, les ministres arrivent. Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, Najat Vallaud-Belkacem (Education), Emmanuelle Cosse (Logement), Marisol Touraine (Travail) Jean-Michel Baylet (Aménagement du territoire) grimpent sur la scène. Le public applaudit. Se lève. Sur scène, les ministres applaudissent, se lèvent aussi. Bref, tout le monde s'applaudit. Contents d'être là. Le mot d'ordre de la soirée est vite donné. Quasiment martelé non-stop. "Hé oh la gauche ! Arrêtez de regarder vos chaussures, relevez la tête, il faut être fier de ce qu'on a fait." Positive attitude, leçon 1, c'est parti.

Il y aura surtout un fil rouge : montrer que non, la droite et la gauche ne sont pas la même chose. Pas du tout. Et surtout, que la gauche est la solution. Ce que s'emploie d'abord à démontrer Jean-Michel Levy, de l'institut Harris Interactive, qui, graphiques à l'appui, informe que les Français font bien une différence entre les deux partis ; et que ce sont "les valeurs de fraternité, solidarité, générosité" qui selon eux caractérisent le plus la gauche.

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Tour de France des problèmes

Puis, place au débat, nous annone la speakerine. Bon, en fait de débats, ce sont des questions enregistrées qui défilent sur le grand écran. 10 vidéos de militants de gauche, envoyées avec toute la maestria d'un Jean-Pierre Pernaud : "Et on va tout de suite dans le Jura, avec Eddy, qui veut nous parler d'éducation", présente Emmanuel Grégoire, premier secrétaire fédéral de Paris, est l'ambianceur de la soirée. Et l'on découvre Eddy sur son grand écran, en chemise rose dans son jardin, parler, dans un style bien convenu, de réforme des collèges, et de situation des profs. Avant d'interpeller : "Hé oh, la gauche, on fait quoi ?" Pas très naturel, mais bon. Suivent ensuite Thomas au marché de Tulles et le chômage, Jean-Pierre en Mozelle et le travail, Frédérique du Pas-de-Calais et la montée du FN… Et, à chaque fois, le cri du cœur : "Hé oh la gauche, on fait quoi ?"

Et, à chaque fois, le ministre concerné répond. Enfin, avant de parler réforme des collègues, courbe du chômage qui s'inverse, avancée en matière d'écologie ou transport scolaire, il prend le soin de rappeler qu'il est "heureux d'être là", "qu'il faut y croire", "que oui, on a connu des difficultés, que les Français peuvent douter", mais qu""ils n'ont pas renoncé". Et la droite s'en prend plein la tête. Yannick, dans la salle, vient ainsi nous rappeler que la droite a "saccagé l'école de la République, aggravé les inégalités, démantelé les programmes, stigmatisé les enseignants". Nadège, des Hauts-de-Seine, évoque la voix vibrante ce "territoire des Balkany", ce "coffre-fort de la droite", où la "traque des fonctionnaires", la "ghettoïsation des riches", le "clientélisme ont été érigés en système". Efficace. Dans la salle, applaudissements nourris. C'est assumé : "Il faut prévenir les Français de la différence entre la gauche et la droite ! Parce qu'après, il sera trop tard !", harangue Emmanuelle Cosse sous de chauds applaudissements.

"Les discussions chez nous, ça peut durer longtemps"

Avant de repartir dans l'Aveyron avec un nouveau militant et sa question, on sort prendre l'air. Quelques participants se font une petite pause, autour d'une clope. Ils plaisantent, contents d'être là : "Oh, les discussions chez nous, ça peut durer longtemps ! Mais ça fait du bien de se retrouver." D'ailleurs, une quadragénaire l'a bien compris, qui sort en courant : "Je vais chercher du pain et je reviens, sinon la boulangerie sera fermée !" On les laisse discuter. Tiens, il pleut dehors. Et ça, ne serait-ce pas un autre fil rouge du quinquennat de Hollande ? C'est déjà ça...

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