"Hijab de running" de Decathlon : Lydia Guirous (LR) s'en prend à Marlène Schiappa, qui invite à "prendre de la hauteur"

Politique

POLITIQUE - Lydia Guirous, porte-parole des Républicains, a vertement critiqué "le silence" de Marlène Schiappa concernant la polémique sur le "hijab de running" que Decathlon souhaitait commercialiser en France.

Sur les réseaux sociaux la tempête s'est calmée, mais les politiques continuent de prendre position sur "l'affaire". Mardi 26 février, après deux jours de polémique, Decathlon a renoncé à commercialiser un hijab de course en France. Après avoir d'abord assumé cette vente en assurant vouloir ouvrir la pratique du sport à toutes et tous, Decathlon a cédé face aux menaces physiques faites aux vendeurs, et aux insultes reçues par centaines. Invitée sur le plateau de LCI, Lydia Guirous, porte-parole des Républicains, s'est exprimé sur le sujet. C'est la première personnalité politique à avoir condamné l’enseigne dans un tweet.

Interrogée sur LCI sur cette vague de pression qu'a subie l'enseigne d'articles sportifs, alors que le hijab n'est pas illégal, Lydia Guirous a répondu que Decathlon était certes dans son droit, mais qu'il fallait selon elle "défendre les valeurs et le mode de vie occidentale". Concernant la réponse de Decathlon, en faveur de l'inclusion et répondant à un besoin de clientèle, Lydia Guirous considère qu'en commercialisant ce hijab de course, l'enseigne soutenait une "forme d’islamisation rampante dans la société française, et dans de nombreuses sociétés occidentales ou l’islamisme gagne du terrain." Pour la porte-parole des Républicains, Decathlon était "en train de se soumettre sans s’en rendre compte, d’être les idiots utiles des islamistes". Pour éclairer ses propos, elle a comparé le hijab pour la pratique sportive des femmes à "l'épisode de Gap où une petite fille était voilée dans les publicités et les vitrines".

Une attaque directe contre Marlène Schiappa

Lydia Guirous a également tenu à "souligner le silence assourdissant de Marlène Schiappa depuis le début de cette polémique (...) alors qu'elle est censée être la ministre du droit des femmes". La porte-parole a déclaré qu'il fallait que Marlène Schippa "choisisse son camp". Elle a ensuite martelé que "Marlène Schiappa trahit le droit des femmes et toutes les femmes en France et dans le monde". Rappelant la situation dans des pays comme l'Iran, l'Arabie Saoudite ou l'Algérie, Mme Guirous a estimé que la ministre "ne doit pas trahit ses femmes qui sont en train de conquérir leur liberté."

Quelques heures plus tard, dans la matinée du 27 février, la secrétaire d'Etat a appelé dans une tribune au Huffington Post "à prendre de la hauteur", se demandant pourquoi "certains responsables politiques ne s'intéressent au droit des femmes à disposer de leurs corps que lorsqu'il s'agit de voile". Et de formuler aussitôt après d'autres questions sur lesquelles elle apprécierait de les entendre : "accès à la contraception", "droit à l'IVG", harcèlement de rue"... 

Mais Marlène Schiappa ne s'est pas contenté de regretter l'intérêt pour le féminisme à géométrie variable de certains responsables politiques, puisqu'elle a réexprimé cette position qu'on lui connaît : "Je ne crois pas que porter le voile soit un signe de liberté, [...] d'émancipation des femmes." Et de s'inquiéter, dans la commercialisation faite par Decathlon, du "message adressé aux femmes courageuses qui retirent leur voile au péril de leur vie ? [...] Aux jeunes filles qui n'ont pas d'autres choix que de se couvrir toujours davantage avant de sortir de chez elles ?" Une position qui ne satisfera pas Lydia Guirous, pas plus que l'association féministe et antiraciste Lallab qui, auprès de LCI, tapait du poing sur la table, faisant de cet épisode une nouvelle preuve de leur stigmatisation : "A un moment donné, il faut nous écouter, écouter ce que les femmes voilées ont à dire. Le port du voile n'est pas une façon de se séparer."

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