Hollande à Calais : comment a-t-il géré la crise des migrants ?

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FLASHBACK - Le président de la République se rend à Calais ce lundi pour poser la première pierre de l’extension du nouveau port et prendre la température d'une ville sous tension, sur fond de polémique sur l’accueil des migrants. L'occasion de revenir sur sa gestion du camp de Lande (dit "jungle" de Calais) depuis son arrivée au pouvoir.

Cinq jours après Nicolas Sarkozy, François Hollande s'est rendu pour la première fois de son quinquennat à Calais.  Le président de la République y  était pour poser la première pierre du chantier de l'extension du port de la ville. Par ailleurs, le chef de l'État a rencontré les forces de l'ordre ainsi que les acteurs socio-économiques et associatifs pour évoquer le cas des migrants et de la "jungle" de Calais. Cependant, il n'a pas visité le bidonville qui devrait être totalement démantelé avant le début de l'hiver. LCI fait un zoom sur l'action de François Hollande sur ce dossier. De quelle manière l'a-t-il géré durant sa mandature ?

Septembre 2014 : le gouvernement annonce la création d'un centre d'accueil

A l'issue d'une rencontre avec Bernard Cazeneuve, mardi 2 septembre, la sénatrice et maire UMP de Calais, Natacha Bouchart,  annonce le "feu vert" de la Place Beauvau pour créer un centre d'accueil pour les milliers de candidats à l'exil qui transitent chaque année par la cité portuaire. 

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Janvier 2015 : ouverture du centre d'accueil Jules-Ferry

Situé à 6 kilomètres du centre-ville de Calais, ce centre d'accueil de jour dispose de services gratuits : douches, toilettes, laverie, prises électriques pour recharger les téléphones portablese. Le budget venu de l'Etat pour l'investissement, avec les travaux réalisés sur le centre, s'élève à 3,5 millions d'euros. L'infrastructure peut accueillir jusqu'à 1500 migrants. 

Janvier 2016 : ouverture d'un camp de containers

Sous la direction du ministère de l'Intérieur, un camp composé de 125 containers est aménagé aux abords du camp de Lande où logent, à l'époque, dans des abris de fortune entre 4000 et 6000 personnes. Le dispositif, voulu par l'Etat, est censé accueillir jusqu'à 1500 personnes et  visait à faire disparaître le bidonville où vivaient entre 4000 et 7000 personnes

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Fevrier-Mars 2016 : Démantèlement de la zone sud

Le gouvernement, qui souhaite démanteler la "jungle" de Calais, obtient le 25 février gain de cause auprès de la justice qui autorise l'évacuation partielle du camp. Cette opération, qui concerne uniquement la zone sud du bidonville, est émaillée de heurts entre forces de l’ordre, militants et migrants. Elle débute le 29 février et s’achève le 16 mars. 


Par ailleurs, le gouvernement met en place une cellule de crise à destinations des aux commerçant de Calais qui subissent une baisse de leur chiffre d'affaire en raison de la crise des migrants. Sont mis à la disposition des commerces en difficultés, un numéro unique, une adresse mail, par laquelle, ils est possible de prendre contact avec les services de l'Etat.


Le gouvernement renforce également la présence policière à Calais. "Nous sommes montés à 19 compagnie de CRS ce qui est inédit en France. La problématique actuelle c’est les prises d’assauts de rocades et les barrages qui sont montés sur l’autoroute A16", explique à LCI Gilles Debove, porte-parole du syndicat policier Force Ouvrière dans le Calaisis. 

Septembre 2016 : Projet de création de 12.000 places d'hébergements partout en France

Dans un document daté du 1er septembre et envoyé aux préfets par le ministre de l’Intérieur, le gouvernement invite les premiers à créer 12.000 places d’hébergement partout en France pour achever le démantèlement de la "jungle" de Calais. "Afin d’accueillir les migrants de Calais et de la plaque parisienne, le schéma de mobilisation de places d’hébergement sur l’ensemble du territoire a été validé", indique le document, qui précise que la répartition dépendra du "critère démographique pondéré par les efforts faits par chaque région". 

VIDEO - François Hollande annonce le démantèlement du camp de Lande

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François Hollande à Calais : "On ne passera plus à Calais ni à Dunkerque"

Cet hébergement se fera dans des centres d’accueil et d’orientation (CAO), des structures transitoires où les migrants pourront bénéficier de conditions de vie plus digne que celles de la jungle de Calais. Le plan du gouvernement prévoit l’ouverture de plusieurs CAO partout en France sauf en Ile-de-France et en Corse en raison de la situation migratoire "tendue" dans ces régions. François Hollande a visité, samedi 24 septembre, l’un des 164 centres d’accueil et d’orientation (CAO) déjà installés en France et affirmé qu’il n’y aurait pas de mini-Calais, l’un des principaux griefs mis en avant par l’opposition pour s’opposer à ce projet. La France n’est pas un pays "de campement" de migrants, a expliqué François Hollande.

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