Hollande au secours de Valls après son voyage polémique à Berlin

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AU SECOURS - Depuis samedi, Manuel Valls est sous le feu des critiques pour un aller-retour en avion gouvernemental à Berlin, où il est allé voir la finale de la Ligue des Champions de football.

Lapidé par la droite, mais soutenu par le président de la République. Alors que la polémique entourant l’ aller-retour de Manuel Valls samedi pour la finale de la Ligue des Champions de football à Berlin se poursuit, François Hollande est venu au secours de son Premier ministre lundi.

Le président de la République a en effet pris le temps de soutenir le voyage de Manuel Valls, lors de son déplacement à Elmau, en Allemagne. "Le Premier ministre avait une réunion avec l'UEFA", a expliqué à la presse le chef de l'Etat en marge du sommet du G7. "Moi-même, je rencontrerai Michel Platini (président de l'UEFA) mercredi", a-t-il ajouté. Selon François Hollande, "il y a effectivement des sujets à traiter et il ne vous a pas échappé qu'il y avait eu à la Fifa un certain nombre d'évolutions, pour ne pas dire de révélations, que nous avons à organiser l'Euro 2016 et aussi à voir avec les institutions de l'UEFA ce qu'il y a lieu de faire et pour la Fifa et par rapport à l'organisation" de cette compétition. "Le but n'était pas d'aller supporter le Barça, le but, c'était de représenter la France", a également défendu lundi matin sur France Info le secrétaire d'Etat aux Sports Thierry Braillard.

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"Je suis Premier ministre. N'essayez pas de créer des faux débats"

Des soutiens marqués pour éteindre le feu qui se propage. Car le voyage en Falcon gouvernemental de Manuel Valls à Berlin, pour cette finale, en plein congrès du Parti socialiste, nourrit des accusations de mélange des genres à l'encontre du Premier ministre, par ailleurs passionné de football et grand supporteur du Barça. Samedi, Manuel Valls avait préféré évacuer les critiques : "Je suis Premier ministre. Je me déplace avec les moyens que vous connaissez. N'essayez pas de créer de faux débats", avait-t-il indiqué, visiblement agacé et répondant sèchement aux questions, selon plusieurs témoins de la scène, alors qu’il se trouvait avec ses "camarades" socialistes, dans le cadre du congrès du parti.  Dimanche, alors qu'il assistait à la finale messieurs de Roland-Garros, le Premier ministre avait à nouveau éludé la polémique, en jugeant qu'il y avait "toujours des grincheux". A Berlin, "je voulais aussi rencontrer (le président de l'UEFA) Michel Platini, parler de l'avenir de la Fifa, de l'Euro 2016", avait-il cependant précisé.

Mais dès dimanche, l’opposition est montée au créneau et a continué lundi à s'en prendre à Manuel Valls. Le député Les Républicains (LR) Bernard Debré a ainsi demandé au Premier ministre de publier le coût de son déplacement. "C'est le spectacle d'un Premier ministre sans lien avec la réalité. Il ne touche plus le sol. Qui paie tous ces déplacements ? Quand est ce qu'il a le temps de s'occuper des problèmes des Français ?", a taclé lundi matin un des porte-parole du parti Les Républicains, Sébastien Huyghe.

"De l'argent public pour un moment de détente et de passion"

"Parfois, les hommes politiques en fonction perdent le sens des réalités", a pour sa part accusé le dirigeant du MoDem François Bayrou. Il a déploré que Manuel Valls ne se soit pas "rendu compte du fait que ça choquerait beaucoup de gens que l'argent public prenne en charge un moment de détente et de passion pour le Premier ministre". "C'est une faute politique et c'est une faute morale. Il faut qu'il rembourse ce déplacement privé. Rendez l'argent à l'Etat M. Valls", a accusé le député européen et ex-ministre Renaud Muselier (Les Républicains). Matignon a maintenu que le voyage était bien "institutionnel et officiel", même s'il ne figurait pas à l'agenda officiel du Premier ministre. Quant au Parti socialiste, il a pris en charge les déplacements effectués (en train à l'aller et en Falcon au retour) par Manuel Valls entre Paris et le congrès du PS à Poitiers. Selon Matignon, le coût d'une heure de vol sur un Falcon du gouvernement avoisine "3.000 à 4.000 euros". Ce qui mettrait l'escapade berlinoise autour de 12.000 à 15.000 euros.

La polémique tombe mal pour le PS, qui avait fustigé un récent voyage en avion privé de Nicolas Sarkozy au Havre, à moins de 200 km de la capitale. Vendredi, le parti avait d’ailleurs ironisé sur Twitter : le Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis "est arrivé au congrès du PS en train... pas comme d'autres qui s'offrent des jets à 3.200 euros".

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