Hollande critiqué et désavoué par les siens lors d’une réunion de groupe très agitée à l’Assemblée

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REMOUS - Les confessions aux journalistes et la possible candidature pour 2017 de François Hollande ont été les principaux sujets d'une réunion particulièrement agitée du groupe socialiste à l’Assemblée ce mardi. Les députés de son camp, et même le patron de Hémicycle Claude Bartolone, ont été loin d'être élogieux à son égard.

Hollande cible de toutes les rancœurs. Ce mardi lors de la réunion du groupe PS à l’Assemblée nationale, la question de ses confessions explosives dans le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme a été abordée par un certain nombre de députés. Les prises de paroles successives ont été dures pour le président, et ont pointé du doigt ses confidences mais aussi sa possible volonté de se présenter pour un nouveau mandat. Certains ont parlé de "suicide politique", qu'ils ont dit refuser de voir tourner au "suicide collectif". D'autres ont évoqué le désappointement et le questionnement des Français.

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Vidéo. Livre sur Hollande : "C'est un sentiment de panique chez les députés socialistes"

Selon nos informations, le président de l'Assemblée, Claude Bartolone, était lui-même très remonté. "On ne pourra pas continuer sans se poser la question de la fraternité et de notre capacité à rassembler. Le problème, c'est la gauche. Le risque, c'est que nous soyons zappés de la présidentielle, a-t-il déclaré. On a un problème d'incarnation. Il y a une distance qui est créée entre la gauche et les Francais, entre le président et les Français", a-t-il ajouté. Avant d'être applaudi.

"Il faut parler aux Français et défendre le bilan"Manuel Valls

Manuel Valls, présent à cette réunion, a été moins dur envers le président et a pris la parole pour tenter de remobiliser les troupes. "Il faut parler aux Français et défendre le bilan, a notamment affirmé le Premier ministre. Même si j'ai parfaitement conscience des difficultés et des inquiétudes. Jamais notre responsabilité n'a éte aussi grande alors que nous sommes dans un contexte très dur. (...) L'anti-sarkozysme ne suffira pas. Pour dénoncer la droite il faut être fort. Si on continue comme ça on va être pulverisés et balayés. (...) Est ce qu'il est trop tard ? Non. C'est tout le sujet qu'il faut traiter dans les prochains jours."


Pour y parvenir, Manuel Valls a lancé un "appel aux anciens ministres". "Et qu'on ne me fasse pas le faux procès des 'deux gauches irréconciliables' (qu'il avait théorisées dans un discours en février 2016, ndlr), a-t-il poursuivi. Je ne parlais pas aux socialistes. Je parlais d'Autain et de Mélenchon." D'autres députés ont soutenu le Premier ministre dans son appel, meilleure façon à leurs yeux de ne pas courir au suicide.

Valls se positionne pour y aller à la place de Hollande

Surtout, entre les lignes, Manuel Valls explique que l'on peut compter sur lui pour se lancer à la place de François Hollande dans la course à l'Elysée. "J'ai été loyal, je l'ai été", "je veux d'abord être loyal à ma famille politique", aurait conclu Manuel Valls. "Je ne veux pas que nous laissions tomber la gauche et la France."

Malgré tout non, selon Hugues Fourage, député de Vendée et porte-parole du groupe Socialiste, écologiste et républicain à l’Assemblée nationale, "la réunion n’a pas été tendue. Il y a un certain nombre de députés qui ont voulu exprimer, car ce n’avait pas été fait la semaine dernière, les réactions vécues dans leurs circonscriptions par rapport au livre. Il y a eu un certain nombre d’expressions, notamment du président de l’Assemblée nationale sur la question de l’incarnation, et du Premier ministre sur la responsabilité du rassemblement", a-t-il assuré face aux caméras de LCI. Mais s'il ne s'agissait que d'une thérapie de groupe, elle semble bien avoir été empreinte de nervosité. 

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Vidéo : "La réunion n'a pas été tendue", selon le député PS Hugues Fourage

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