Hollande en Ukraine : l'UMP a-t-elle raison de comparer avec Sarkozy en Géorgie ?

Hollande en Ukraine : l'UMP a-t-elle raison de comparer avec Sarkozy en Géorgie ?

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DIPLOMATIE – Suite à l’annonce surprise, jeudi matin par François Hollande, d'une initiative franco-allemande de résolution du conflit russo-ukrainien, l'UMP a fustigé son caractère tardif et son risque d'échec. Et de mettre en parallèle l'implication de Nicolas Sarkozy sur le cas géorgien en 2008. Quitte à omettre certains détails...

François Hollande et Angela Merkel à Kiev pour sauver la paix. En annonçant jeudi matin ce déplacement inédit depuis le début de la crise russo-ukrainienne, le chef de l'Etat n'a pas lésiné pour en dramatiser l'enjeu : "Nous sommes dans la guerre et dans une guerre qui peut être totale". Depuis presque un an, le conflit a déjà fait plus de 5300 morts et les combats ont connu un nouveau pic d'intensité ces dernières semaines, avec des centaines de morts.

A l'UMP, la première réaction à cette annonce surprise est venue de Jacques Myard, député membre de la commission des Affaires étrangères : "La diplomatie en direct est quelque chose à ne pas faire". Oubliant un peu vite que l'initiative Hollande-Merkel rappelle très fortement celle, en 2008, d'un certain... Nicolas Sarkozy. Au moment de l’invasion russe en Géorgie, le Président de l'époque – qui présidait alors l'Union européenne – s'était en effet rendu en personne à Tbilissi et Moscou pour jouer les médiateurs.

"En d'autres temps, lors de la guerre de Géorgie..."

Une diplomatie en direct, donc, dont se vante d'ailleurs Pierre Lellouche, le député UMP chargé des relations internationales à l'UMP, dans un communiqué . Regrettant le "temps perdu par un président de la République qui a, pendant toute la première partie de son quinquennat, ignoré tout dialogue avec Moscou", il souhaite néanmoins que "cette démarche aboutisse à un cessez-le-feu immédiat et une sortie de crise politique". Et la compare au passage avec l'action de son prédécesseur : "En d'autres temps, lors de la guerre de Géorgie, l'action immédiate du Président Sarkozy au tout début des hostilités avait permis un règlement de la crise en évitant de terribles dommages, comme ceux qui se sont abattus sur la population civile ukrainienne dans la région du Donbass".

Mais là encore, la droite semble omettre un détail : certes, l'initiative sarkozyenne avait contribué à apaiser le conflit, en aboutissant le 12 août 2008 à un accord de cessez-le-feu. Mais le volet politique de cet accord n'a jamais été respecté : aujourd'hui encore, Tbilissi doit composer avec deux provinces séparatistes, l’Abkhazie et l’Ossétie du Nord, dont Moscou a unilatéralement reconnu l'indépendance et ne s'est jamais retiré. Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs dû le reconnaître quand il était retourné en Géorgie, trois ans plus tard : "A rebours des engagements pris, d'importantes forces militaires (russes, ndlr) restent stationnées (en Géorgie, ndlr)".

"L'intégrité territoriale de l'Ukraine", c'est justement le fondement de la proposition franco-allemande de règlement du conflit russo-ukrainien, a expliqué François Hollande. Un texte en ce sens doit donc être présenté jeudi après-midi au président ukrainien Petro Porochenko, avant d'être soumis dans la foulée au président russe Vladimir Poutine, vendredi à Moscou. "Il y a un risque qu'il se retrouve avec Angela Merkel devant un échec, c'est-à-dire qu'ils n'arrivent pas à convaincre les uns et les autres", a prédit Jacques Myard à l'UMP. Une issue que François Hollande a lui-même envisagée lors de sa conférence de presse : conscient que "l'option de la diplomatie ne peut être prolongée indéfiniment" et qu'elle "n'est pas sûre de réussir", il a lancé : "Si nous échouons (…) il ne sera pas dit que nous n’avons pas tout entrepris pour préserver la paix". Tombant au moins d'accord avec l'UMP sur ce point : cette initiative est celle de la "dernière chance".

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