Hollande et la ritournelle de sa démission

Politique

RETRO - Interrogé sur BFMTV, le président du Modem, François Bayrou, vient s'ajouter à la longue liste des responsables politiques qui ne voient pas François Hollande capable de terminer son quinquennat. Metronews dresse la liste de ceux qui, depuis 2012, ont demandé la tête du Président.

"Il n'ira pas jusqu'au bout". C'est péniblement que François Bayrou a terminé cette phrase sur BFMTV ce mercredi avant d'expliquer pourquoi selon lui François Hollande ne pourra pas achever son mandat présidentiel. "Le système politique français ne peut pas supporter pendant trois ans d'avoir aux responsabilités des hommes et des mouvements politiques qui n'ont plus aucune confiance du peuple", a-t-il affirmé à Jean-Jacques Bourdin, constatant "une dévaluation de l'image, de la force et du sérieux du pouvoir". 

Si cette idée selon laquelle le Président ne pourra pas terminer son quinquennat peu sembler baroque sous le régime de la Ve République, nombreux sont les responsables politiques qui, depuis 2012, ne s'embarrassent pas de considérations institutionnelles concernant François Hollande.

A chaque affaire, une voix politique, plus ou moins influente, se manifeste en effet pour demander la tête du chef de l'Etat. Le suffrage universel est ainsi remis en cause en janvier dernier lorsque le scandale Hollande-Gayet éclate et que le Président décide de mettre fin à sa relation avec Valérie Trierweiler. Une affaire qui relève de la vie privée ? Pas pour tout le monde puisque le député UMP Georges Fenech pose la question de la démission de François Hollande. "La question de la démission de François Hollande doit être posée, avant que les valeurs qui fondent une nation ne soient définitivement détruites", écrit le parlementaire dans un communiqué.

Plus étonnant, et hors registre politique,  c'est Geneviève de Fontenay qui, pour les mêmes raisons, réclame le départ du président de la République. "Personne n'a eu un mot pour elle (Valérie Trierweiler, ndlr), pas une femme, personne, de gauche ou de droite, ou même chroniqueur politique ! Elle a quand même été reçue par des chefs d'Etat, elle est là, et il lui dit 'dégage ! Allez dégage maintenant !' Mais qu'est-ce que c'est que ce comportement?", dénonce-t-elle.

Le Président du conseil national de l'UDI, Hervé Morin, fait partie des grands adeptes de l'appel à la démission de François Hollande. Au soir des européennes, dimanche dernier, et de la nouvelle claque infligée au PS , il a ainsi réclamé la dissolution de l'Assemblée Nationale "ou mieux encore" la démission du locataire de l'Elysée. Mais l'ancien ministre de la Défense a également exprimé cette requête en novembre 2013. Si le président "veut rendre service à son pays, le mieux c'est qu'il parte", déclarait le centriste sur France 2 faisant référence au déficit de popularité du Président. De quoi susciter l'ire du gouvernement. "Sombrant dans la démagogie la plus éhontée, le voilà qui propose de mettre fin à l’élection au suffrage universel du président de la République. On ne se grandit jamais à dire n’importe quoi", avait déploré Najat-Vallaud Belkacem.

En pleine affaire Leonarda , c'est Marine Le Pen qui ajoutait sa pierre à l'édifice. Interrogée sur l'expulsion de la jeune écolière kosovare, la présidente du FN pointait en octobre 2013, le déficit d'autorité du président de la République, coupable selon elle d'avoir "humilié la France". "Il a humilié la France d’une telle manière qu’il n’a plus aucune autorité. On a bien vu la faiblesse, la fragilité de ce personnage qui, sous la pression de quelques étudiants gauchistes, est venu violer non seulement des décisions administratives, mais aussi la loi ", expliquait-elle suite à la proposition présidentielle d'accueillir Leonarda - seule - sur le territoire national. "Le premier qui devrait démissionner, c'est pas Manuel Valls (alors ministre de l'Intérieur, ndlr), c'est le président de la République", fustigeait la dirigeante d'extrême droite.

Même chose chez son père, le 8 janvier 2013, lorsque Jean-Marie Le Pen pensait la démission de François Hollande inévitable. "Je crois objectivement que la situation de la France est catastrophique. Cela peut acculer peut-être le président de la République à devoir quitter son mandat, à interrompre son quinquennat", déclarait-il. "J'ai bien entendu ?", interrogeait le journaliste, surpris par ces propos.

Cette liste n'est évidemment pas exhaustive puisque pendant le débat sur le mariage pour tous, Henri Guaino avait demandé à changer de président de la République. Même chose pour Christine Boutin,  qui lors de l'affaire Cahuzac, exigeait "solennellement la démission de l’exécutif". Enfin, les nombreux mouvements ou manifestations qui ont eu lieu pour poser cette exigence, à l'instar du collectif Jour de colère , sont légion. Et il reste encore trois ans de mandat pour François Hollande...

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