Shimon Peres : Hollande et Sarkozy dans le même avion, les coulisses d'une invitation très "politique"

Shimon Peres : Hollande et Sarkozy dans le même avion, les coulisses d'une invitation très "politique"

DEUX PRÉSIDENTS DANS UN AVION - François Hollande est arrivé jeudi soir à Jérusalem à bord d'un avion de l'État pour assister à l’inhumation de Shimon Peres. Le chef de l’État a voyagé au côté de Nicolas Sarkozy. Retour sur les coulisses d’un voyage calculé avec notre spécialiste politique de LCI, Adrien Gindre.

Pour les commémorations en hommage à Nelson Mandela, ils avaient fait bande à part. Mais ça, c'était en 2013. Cette fois, pendant plus de quatre heures, François Hollande et Nicolas Sarkozy étaient séparés par un simple accoudoir. "C'est le protocole", dit-on officiellement à l'Élysée. En réalité, le candidat républicain avait le choix de se placer où il le souhaitait parmi les 14 places disponibles à bord du Falcon 7X présidentiel, l'airbus étant en maintenance. Cela ne veut pas dire, que les deux hommes ont refait le débat présidentiel de 2012. À côtés d’eux se trouvait le député des Français de l'étranger, la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, et le président du CRIF, Francis Kalifat. Pendant tout ce trajet, la discussion a sans doute davantage porté sur Shimon Peres.

Un intérêt stratégique

Les deux hommes ont fait savoir dès mercredi matin qu'ils souhaitaient se rendre en Israël pour assister aux obsèques. Mercredi midi, François Hollande a déjeuné avec ses collaborateurs et leur a demandé de faciliter le transport de Nicolas Sarkozy. Dans l’après-midi, les deux directeurs de cabinet se sont téléphoné et tout cela s'est réglé assez vite. 

Si François Hollande choye son meilleur ennemi, c’est qu’il y trouve un intérêt stratégique. "Il veut pouvoir se montrer aussi exemplaire que possible.  Il veut surtout esquiver toutes les critiques, être irréprochable. Dans cette séquence-là, il n'a rien à tirer à être mesquin, c'est ce qu'on dit du côté de l'Élysée".  

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Sarkozy, Hollande ensemble dans le même avion : les coulisses du voyage vers Jérusalem

Et d’ailleurs, François Hollande va également lui faciliter le retour. Une histoire d’avion jusqu’au bout décidément. Nicolas Sarkozy rentrera en France à bord d’un autre Falcon de la République mis à disposition pendant que François Hollande poursuivra avec des entretiens avec les Présidents et Premier ministre israélien. 

Tout ça pour quoi ? Pour esquiver toute critique, éviter la moindre faute, se montrer irréprochable. A l’Elysée, certains le reconnaissent volontiers dans un demi-sourire : « on ne tire pas sur une ambulance, Nicolas Sarkozy a déjà eu une semaine assez difficile comme ça ».

La conviction de beaucoup chez les socialistes, c’est que Nicolas Sarkozy est leur meilleur ennemi. Le plus facile à battre. Plus clivant qu’Alain Juppé, moins menaçant sur les électeurs du centre. Pas question de l’entraver dans sa course à la primaire. 

Tout ça est tactique. Les attaques viendront après. « Ne vous inquiétez pas, les Buisson, Bygmalion, seront toujours là dans 3 mois » glissait jeudi un des proches du Président. Choyer aujourd’hui pour mieux achever demain. C’est donc tout l’objectif.

Le pire en politique : bâtir une stratégie sans même savoir pour qui.- Adrien Gindre

Ce voyage intervient après une semaine compliquée pour Nicolas Sarkozy. Comme toujours, il y a la réaction officielle et la réaction officieuse. D'abord les éléments de langage officiels.  Que ce soit en off auprès des proches de l'ancien président ou en in comme avec l'interview d'Eric Woerth jeudi soir chez Yves Calvi sur LCI, les mêmes mots : « la semaine avait bien commencé, avec un sondage qui donnait Nicolas Sarkozy et Alain Juppé à égalité.  Ce qui compte c’est la moyenne ».

Et pourtant en coulisses, le doute s’est instillé dans l’esprit de certains : est-ce que parler ainsi des Gaulois pendant des jours était vraiment la bonne stratégie ? Est-ce qu’il y a quelque à faire pour éviter le Tout Sauf Sarkozy ? Bien sûr, cela le victimise, mais ça le fragilise aussi… Etre cible, c’est ne plus avoir la main.

Alors certains de ses proches font un pari : « non les centristes à la fin ne viendront pas voter, c’est le cœur de notre électorat qui se déplacera à la primaire ». La vérité, c’est qu’ils n’en savent rien. C’est le pire en politique : batir une stratégie sans même savoir pour qui.

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