Hollande et Sarkozy votent contre le référendum d'initiative citoyenne

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La colère des Gilets jaunes

OUI ET NON - Les anciens présidents François Hollande et Nicolas Sarkozy expriment leurs réserves quant à l'usage du référendum, le premier se disant "extrêmement réticent", le second prônant "la précaution", dans un documentaire qui doit être diffusé ce mardi sur France 2.

Plébiscité par de nombreux Gilets jaunes, le recours beaucoup plus fréquent au référendum ne semble pas vraiment au goût de deux ex-présidents de la République. Ainsi, François Hollande et Nicolas Sarkozy ont fait état de grandes réserves quant à son usage. Les deux anciens chefs de l'État s'expriment dans le documentaire "Ve République, au cœur du pouvoir", à l'occasion des soixante ans de la Constitution, réalisé par Gabriel Le Bomin et co-écrit avec Patrice Duhamel.

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"Je suis extrêmement réticent à l'égard du référendum, parce que le référendum divise, il divise profondément", fait valoir François Hollande. "Lorsqu'il s'agit d'une modification profonde de nos institutions - ça a été le cas du quinquennat - le référendum est nécessaire parce qu'il s'agit du pacte démocratique, du contrat entre les citoyens et les institutions. Mais pour le reste... Est-ce que sur des questions de société, parfois douloureuses, il est opportun de recourir au référendum ? Fallait-il le faire sur le mariage pour tous, ou plutôt sur l'abolition de la peine de mort ?", interroge-t-il, en soulignant son opposition.

"Le pouvoir donné à un homme"

Pour son prédécesseur à l'Élysée, "le référendum doit être une question très simple à laquelle on peut répondre par oui ou par non". Or, souligne-t-il, "je ne pense pas qu'on peut répondre par oui ou par non à un traité de 250 articles", estime Nicolas Sarkozy, en référence au référendum de 2005 concernant la ratification de la Constitution européenne. "En revanche, j'aurais volontiers fait un référendum sur la suppression du service national : on peut répondre par oui ou par non", poursuit M. Sarkozy. "Mais pour des raisons institutionnelles, médiatiques et politiques, je pense que les référendums doivent être maniés avec précaution. Ça ne veut pas dire qu'on ne doit pas les avoir, mais la Ve République, c'est le pouvoir donné à un homme et une majorité pour cinq ans : qu'ils assument leur pouvoir".

Selon la Constitution, peut être soumis au référendum "tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent" (article 11), ou les projets de révision constitutionnelle (article 89)... Depuis 2008, un référendum d'initiative partagée peut par ailleurs être déclenché par 1/5e des parlementaires et 1/10e des électeurs.

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