Hollande-Gayet : comment les communicants de l'Elysée peuvent gérer cette crise

Hollande-Gayet : comment les communicants de l'Elysée peuvent gérer cette crise

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DECRYPTAGE – L'Elysée connaît bien les crises. Et pourtant, après l'affaire Cahuzac, Leonarda et les multiples couacs du gouvernement, les infidélités du Président tombent au plus mal. Quelques communicants de crise analysent pour metronews la situation que vit actuellement François Hollande et les issues les plus favorables qu'il pourrait choisir.

Qui dit crise politique, dit communication de crise. A l'Élysée, communicants et autres conseillers du Président s'activent pour tenter de sortir François Hollande de cette situation, de la meilleure façon possible. En effet, depuis que le magazine "Closer" a affirmé que le Président entretenait une liaison avec l'actrice Julie Gayet, rien ne va plus au sommet de l'État. L'équipe du Président sait-elle bien gérer cette crise ? Quelle serait la meilleure porte de sortie pour François Hollande ? Nicolas Boudot, directeur du cabinet de conseil en stratégie de communication Tildr , et Marlène Coulomb-Gully, cofondatrice du Département art & com de l'université Toulouse2 livrent à metronews quelques éclaircissements.

Le 10 janvier 2014 à 7h18

"Closer: Hollande 'déplore les atteintes au respect de la vie privée', 'examine des suites judiciaires ". La dépêche AFP tombe vendredi à 7h18 du matin , le plan communication du Président débute. S'exprimant en son nom propre et non pas en tant que président de la République, François Hollande tient à faire la distinction entre vie privée et vie publique. "Cette réponse est surprenante, elle est même précipitée. Communiquer cette information juste avant les émissions politiques et les matinales n'était pas le meilleur moment pour apaiser la situation", analyse Nicolas Boudot. En effet, selon cet expert en communication de crise, François Hollande n'avait pas à clarifier immédiatement la situation. "Closer n'est pas un magazine politique, il avait un peu de temps avant de s'exprimer", précise-t-il.

Une chose est sûre, le calendrier présenté par François Hollande le 31 décembre dernier a été bouleversé par ces révélations. Le Président devait présenter son pacte de responsabilité. Il doit également se rendre dans quelques jours au Vatican puis aux Etats-Unis. "Ces deux déplacements vont forcément être influencés par cette affaire. Les Etats-Unis ne sont pas tendres sur les questions d'adultères. Et pour son voyage au Vatican, cette histoire ne va pas l'aider à se réconcilier avec les catholiques", juge Nicolas Boudot.

Valérie Trierweler : un personnage principal pour sauver Hollande

Mais Marlène Coulomb-Gully, préfère, elle, nuancer. " Cette conférence de presse , dont on déplore la proximité avec cette affaire, m'apparaît plutôt comme une chance : elle contribue encore au resserrement du calendrier. Il n'y aura pas besoin de créer un événement ad hoc -ce qui serait du plus mauvais effet et lui donnerait une importance accrue à l'instar de l'affaire Léonarda- pour liquider cette histoire", analyse-t-elle. Hors de question que François Hollande s'exprime sur les détails de sa romance à la télévision. "Il a évacué cette idée en mettant en avant sa vie privée. Un JT sur TF1 à 20h par exemple paraît difficile à concevoir", ajoute Nicolas Boudot.

Pour l'heure, l'Elysée fait vœu de silence. Mais comment François Hollande peut-il se sortir de cette mauvaise passe ? "A la place de ses communicants, je lui conseillerais de choisir un tiers, un porte-parole pour annoncer une décision. Mais le plus important, c'est qu'il tranche, les Français attendent cela", juge Nicolas Boudot. Et Marlène Coulom-Gully de préciser : "Le talon d'Achille présumé de François Hollande est son indécision. L'une des principales interrogations posées par cette affaire est celle de la disponibilité du Président pour la gestion du pays et c'est sans doute là-dessus qu'il est attendu. Il doit convaincre les Français que cette histoire ne le distrait pas de la conduite du pays dans un moment plus que difficile".

Quelques questions restent toutefois en suspens . Que fera-t-il des dommages collatéraux suscités par la révélation de l'hospitalisation de Valérie Trierweiler ? Les deux experts s'accordent à dire que cette nouvelle peut aider le Président à éteindre les polémiques. En effet, selon Marlène Coulom-Gully, cette hospitalisation évite "peut-être" des réactions violentes et excessives.
Mais Nicolas Boudot va plus en loin en soulignant le rôle principal que pourrait jouer la première dame. "En terme de communication, Valérie Trierweller pourrait tenir le premier rôle. Son hospitalisation l'a remise au centre du jeu. Si elle prend la parole et qu'elle adopte un discours de pardon, semblable à celui d'Hillary Clinton à l'époque de l'affaire Lewinsky , l'affaire sera terminée", explique le conseiller politique. Ces propositions seront-elles retenues par François Hollande ? Les Français devraient être fixés très rapidement.

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