Hollande, Macron, Valls... : dans son livre, Jean-Christophe Cambadélis les rhabille tous pour l'hiver

Hollande, Macron, Valls... : dans son livre, Jean-Christophe Cambadélis les rhabille tous pour l'hiver
Politique

LIVRE - Jean-Christophe Cambadélis, qui quittera son poste de Premier secrétaire du Parti socialiste samedi prochain, publie ce mercredi un essai - intitulé "Chronique d'une débâcle, 2012-2017" - dans lequel il pointe les responsabilités des ténors du parti dans la défaite à la présidentielle, ainsi que "les erreurs" de François Hollande tout au long de son quinquennat.

Jean-Christophe Cambadélis, encore à la tête du Parti socialiste pour trois jours, quitte le parti en publiant ce mercredi un essai au vitriol où il pointe "les erreurs" de François Hollande et la "défaite morale" de la gauche. Son livre, intitulé Chronique d'une débâcle, 2012-2017 et publié aux éditions L'Archipel, est l'occasion pour lui de revenir sur les cinq années qui auront vu le PS passer "du firmament au néant". Tous les acteurs du parti ces cinq dernières années en prennent pour leur grade, et surtout l'ancien président François Hollande.

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François Hollande "pas prêt mentalement"

Il dresse de l'ex-chef de l'Etat le portrait peu flatteur d'un homme qui n'était "pas prêt mentalement" à assurer cette fonction, un "président bon camarade" prêt à "répondre à toutes les injonctions". Selon Jean-Christophe Cambadélis, tout était prévisible, il suffisait d'analyser le comportement du président le soir de sa victoire, place de la Bastille lorsque sa compagne Valérie Trierweiler lui demanda de l'embrasser en public : "‘Embrasse-moi !’ Et François Hollande s’exécuta. Il esquisse un léger et furtif baiser à Valérie Trierweiler, place de la Bastille, résumant ainsi le soir de sa victoire la teneur de son quinquennat, laissant sous-entendre qu’il ne désistera à aucune demande… sans vraiment les embrasser. Cette scène révèle à la France entière la manière dont il la présidera : on pourra tout lui demander, même le plus grotesque, il y répondra. Il ne sera pas l’homme qui dit non. Il fera au mieux", peut-on lire sur le site de Challenges, qui a publié les bonnes feuilles de l'ouvrage. 

Jean-Christophe Cambadélis estime que les échecs de François Hollande ont été "plus nombreux" que ses succès. Il écrit même qu'il n'était pas prêt à devenir président, et prend pour exemple sa prise du parole après l’arrestation de DSK à New York, en tant que Premier secrétaire du PS : "Une sortie désincarnée, sans compassion aucune, au ton neutre pour ne pas dire froid. On le sent : il n’est pas prêt. Lui qui se voyait volontiers Premier ministre de DSK, le voici en première ligne. Il ne se résignera à enfiler le costume qu’en le retaillant à sa mesure, ou à ce qu’il était capable à ce moment-là d’assumer : ‘l’homme normal’."

Emmanuel Macron "bizarre"

"Il est quand même bizarre, ton gars" glisse Jean-Christophe Cambadélis à François Hollande à chaque fois que ce dernier fait l’éloge de son nouveau protégé. "Je ne suis pas certain qu’il ait en tête notre maintien au pouvoir. Il se voit jouer un rôle plus autonome." 

Il raconte également comment le président découvrira les intentions de son jeune ministre, lors d'un dîner à l'Elysée : "Ce moment donna lieu à l’une des scènes les plus cocasses de nos rendez-vous du mardi soir. Nous dînons dans les appartements privés du président, dont la salle à manger n’est pas équipée d’une télévision permettant de voir Emmanuel Macron poser les jalons de sa future candidature. Les agents de l’Élysée s’activent pour dresser un immense écran qui ne fonctionne pas bien. Il s’éteint puis redémarre, avec un Macron couleur pastel puis virant au rouge... pendant que Didier Guilaume, président du groupe socialiste au Sénat, mime l’orateur, reproduisant ses propos, étant donné que nous n’avons plus de son. Le président rit jaune. Il s’énerve même, fait rarissime. Les huissiers se dépêchent, changent la télévision de place. Emmanuel Macron vire au vert pâle et sa voix tourne au ralenti. La tablée est prise d’un fou rire. Stéphane Le Foll rappelle qu’il l’avait bien dit. Le président est au paroxysme de l’agacement en éteignant le téléviseur. Tout le monde comprend qu’Emmanuel Macron ne reviendra pas, ne se retirera pas, ne se rabattra pas."

Toujours à propos des intentions présidentielles d'Emmanuel Macron, Jean-Christophe Cambadélis rapporte une anecdote livrée par Stéphane Le Foll la veille de la nomination du premier gouvernement de Manuel Valls : "Emmanuel Macron sort du bureau de Manuel Valls, embrasse Le Foll et lui glisse, amer : 'Je m'en vais, mais je reviendrai. J'attaquerai tout cela au pic à glace.' Il était fâché de n'avoir pu être nommé ministre."

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Arnaud Montebourg "ne pense pas, il plaide"

Jean-Christophe Cambadélis n'apprécie pas vraiment l'ancien avocat. En témoignent les phrases de son livre qui lui sont consacrées : "Arnaud Montebourg est un homme de cause. Son style, c’est la plaidoirie. Il ne pense pas, il plaide. Il ne discute pas, il plaide. Il ne débat pas, il plaide… sans cesse. Il lui arrive d’ailleurs assez souvent de plaider en dépit du bon sens et de faire de mauvais procès."

Manuel Valls s'est fait "hara-kiri"

A propos de l'appel de l'ancien Premier ministre à voter pour Emmanuel Macron au premier tour de l'élection présidentielle, le Premier secrétaire du PS pense : "J’ai de l’amitié pour Manuel Valls, mais son attitude équivaut pour le coup à un hara-kiri. Qu’il soit en désaccord avec l’orientation de Benoît Hamon, que cette gauche lui semble incapable d’être à la hauteur du temps présent, on l’avait compris. Mais il suffisait d’attendre. (…) Non seulement Manuel Valls n’attendit pas, provoquant l’éparpillement de ses propres amis, mais il s’engagea avec Emmanuel Macron dans une stratégie digne du "génie des Carpettes" (…) dans le seul but de ne pas avoir de candidat En marche face à lui à Evry… (…) Il s’acharna à vouloir entrer par effraction dans le macronisme, acceptant l’humiliation de l’apparentement."

Benoît Hamon "semble ne pas vouloir être socialiste"

Jean-Christophe Cambadélis qualifie le candidat du PS à la présidentielle de "candidat socialiste qui semble ne pas vouloir être socialiste" et qui finit "par être le candidat de personne et de nulle part".

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