Hommage aux harkis : "On va pouvoir partir en paix"

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TEMOIGNAGE – François Hollande a reconnu ce dimanche "les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis". L’heure est au soulagement du côté de leurs descendants.

Pour des centaines de milliers de harkis et leurs descendants, c’est un jour à marquer d’une croix blanche.  Devant l’Hôtel des Invalides à Paris ce matin du dimanche 25 septembre, François Hollande a officiellement reconnu "les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis", ces militaires ayant servi dans les troupes françaises pendant la guerre d’Algérie et qui, pour beaucoup, ont été abandonnés et massacrés suite aux accords d’Evian. 


Mais cette déclaration, à huit mois de l’élection présidentielle, satisfait-elle les nombreuses associations de défense des intérêts des harkis ? Pour le savoir, LCI a interrogé Ali Amrane. Lui-même fils de harki, il porte la double casquette d’élu aux anciens combattants de la ville de Grasse, et de président du collectif des associations de harkis des Alpes-Maritimes. Même si Nicolas Sarkozy, alors encore chef de l’Etat, s’était lui aussi fendu d’une déclaration similaire à quelques jours du premier tour de la présidentielle, en 2012, Ali Amrana l’assure : cette journée, pour lui, va changer beaucoup.

La fierté rendue

"François Hollande a tenu l’engagement qu’il avait pris pendant sa campagne. Pour nous, cette reconnaissance de l’abandon des harkis, c’était la priorité" nous explique-t-il. "Pour les anciens, surtout, cela signifie que leur mémoire est honorée. C’est, en quelques sortes, la fierté rendue d’avoir défendu le drapeau français."


Mais le chemin, pour les descendants de harkis, n’est pas terminé. Et c’est sur les bancs d’écoles qu’il devrait se poursuivre. "Il reste, pour notre génération, à réaliser un travail de mémoire et d’histoire dans les collèges et lycées, à partir de 2017. Cela se faisait déjà un peu, mais il arrivait que certains professeurs soient un peu réticents au sujet de la guerre d’Algérie. Il faut dire que pour les harkis aussi, c’était tabou. J’ai eu beau insister auprès de mon père pour qu’il me raconte son expérience, il n’a jamais rien voulu raconter de la guerre et de l’humiliation qui en a suivi. Il est décédé en janvier dernier. Pour lui, l’annonce de François Hollande ne changera rien. Mais les anciens qui restent me le disent : ‘On va pouvoir partir en paix’".

Des plaintes en vue ?

Le symbole est fort, mais est-il suffisant ? Ali Amrane s’interroge. "En reconnaissant la réalité d’un abandon, le gouvernement s’expose à des plaintes de la part des familles de harkis. N’est-ce pas pour cela que cette officialisation a pris tant de temps ?" Pour l’heure, tout à la victoire de cette annonce espérée, Ali Amrane assure "ne même pas penser  à formuler une plainte". Mais dans l'attente du décret, il se tient à la disposition des familles qui souhaitent porter cet abandon, enfin reconnu, devant les tribunaux français. 

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