Identité nationale, Mai-68 : les obsessions de Sarkozy

Politique

POLITIQUE - Lors d'un meeting organisé le 8 juin à Saint-André-lez-Lille, dans le Nord, Nicolas Sarkozy a peu à peu dévoilé les grandes lignes de sa future campagne dans la course à l'Elysée. L'occasion pour lui de ressortir ses vieilles fiches. Au programme : identité nationale, racines chrétiennes et Mai-68.

"Je suis français, vous êtes français, nous sommes français, c’est une chance, c’est un privilège". Pas candidat à la primaire de droite, mais presque, Nicolas Sarkozy a joué la carte de l’identité nationale lors d’un meeting tenu près de Lille, mardi soir.

Identité nationale, racine chrétienne, communautarisme

En présence de l'un de ses soutiens de poids, l’ancien ministre chiraquien, François Baroin, le président LR a dessiné l’un des axes principaux de sa future campagne : l’identité, plus communément appelée dans sa bouche "la France". "La primaire se jouera sur la France, la République, la culture française", a-t-il fait valoir, en mettant de côté l’économie et la sécurité. Il en est persuadé, l’élection présidentielle de 2017 se jouera sur "l’identité nationale" et le "peuple français".

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Loin de "l’identité heureuse" défendue par Alain Juppé, Nicolas Sakozy soutient "un pays chrétien" dans lequel il est important de "fixer les règles d’un nouvel islam", le tout en rappelant que "chacun a le droit de vivre sa religion, les musulmans comme les autres". 

Une manière pour lui de mettre la pression sur ses adversaires de droite, mais également de se démarquer de la gauche, contre laquelle il ressort, là encore, une vieille rengaine : le déficit d'autorité, symbolisé, selon lui, par l'héritage de Mai-68.


Ces deux domaines (identité et autorité) sont loin d'être des terres inconnues pour l'ancien chef de l'Etat.

Entre les deux tours de l'élection présidentielle, le 29 avril 2007 à Bercy, devant 20.000 personnes, Nicolas Sarkozy s'était longuement attardé sur Mai-68. A l'époque déjà, il dénonçait "cette gauche héritière" du printemps libertaire des années 60 et avançait que cette période avait "imposé le relativisme intellectuel et moral". Selon lui, il s'agissait désormais de savoir si cet "héritage" devait "être perpétué" ou s'il devait être "liquidé une bonne fois pour toutes".

Mai-68 et les "récidivistes"

En 2011, lors de la convention d'investiture du Parti socialiste, François Hollande avait remis le sujet sur le tapis en se revendiquant, précisément, de ce fameux "héritage". L'occasion pour Nicolas Sarkozy de recycler ses vieux propos de campagne lors de plusieurs allocutions présidentielles : "Il faut liquider l’héritage de 68 qui fabrique des récidivistes", avait-il lâché lors d'un discours à Grenoble

Un classique remis au goût du jour en 2016, année pré-électorale. L’ancien président a cette fois fait le lien avec la crise sociale actuelle et dénoncé des "minorités" intellectuelles et syndicalistes qui bloquent le pays à la veille de l'ouverture de l'Euro. "Le peuple veut que nous rétablissions l'ordre public en arrêtant les casseurs", a-t-il lancé mardi soir. "Le peuple veut l'identité contre le communautarisme, le peuple veut l'autorité contre la chienlit, le peuple ne veut plus de la CGT qui voudrait imposer sa loi contre la majorité et bien c'est ce que nous allons faire". Rengaine quand tu nous tiens...

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