Il défie Marine Le Pen ce soir sur France 2 : qui est Gérald Darmanin, la nouvelle coqueluche du gouvernement ?

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PORTRAIT - Il fait partie des quatre transfuges LR à avoir osé rejoindre le gouvernement d'Emmanuel Macron. Et il est sûrement, à 35 ans, celui qui a le plus réussi à faire son trou et à se faire apprécier du président et de sa majorité. Ce jeudi soir, il est invité à débattre face à Marine Le Pen dans "L'Emission politique".

Gérald Darmanin n’est pas du genre à tergiverser. En mai dernier, le Républicain n’a pas réfléchi longtemps avant de rejoindre le gouvernement d’Emmanuel Macron. Le ministre de l’Action et des Comptes publics n’a pas hésité non plus lorsque France 2 lui a proposé de débattre face à Marine Le Pen dans L’Emission politique qui sera diffusée ce jeudi soir, après les refus de Laurent Wauquiez et Bruno Le Maire. "Je comprends pourquoi on m’a invité. Il fallait un contradicteur face à Marine Le Pen" a-t-il d’ailleurs déclaré, faisant allusion au président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qu’il accuse de flirter avec l’extrême-droite. L’ancien sarkozyste ira donc s’opposer à la présidente du Front national comme membre du gouvernement d’Emmanuel Macron plutôt qu'avec l'étiquette LR -il n'a toujours pas été officiellement exclu du parti.


Car en l’espace de cinq mois, l’ancien député-maire de Tourcoing, 35 ans, s’est à la fois imposé comme l’une des figures majeures de l'équipe d’Edouard Philippe et s’est fait adopter par les marcheurs de la première heure et par la majorité parlementaire, à qui il distribue abondamment son 06. Le député de Paris Stanislas Guerini fait d'ailleurs l’éloge de son "intelligence", de sa disponibilité et de son sens politique. Début septembre, il a par exemple convié tous les députés LREM à Bercy pour leur expliquer le projet de loi de finances. Quant à Emmanuel Macron, il peut compter sur lui pour aller au combat et rendre les coups à ses opposants. 

Son travail est salué

A force de travail, ce Valenciennois diplômé de Sciences-Po Lille a également réussi à faire reconnaître son expertise dans l’opposition. S’il ne connaissait pas grand-chose aux subtilités de la fiscalité avant d’arriver à la tête de son ministère, sa maîtrise des sujets est aujourd’hui reconnue. "On n’est pas d’accord sur le fond, mais Gérald Darmanin porte un discours politique sur les questions budgétaires. Il ne débite pas une sauce technocratique, il ne lit pas des fiches comme tant d’autres" dit Valérie Rabault, députée Nouvelle Gauche, dans Le Figaro. Avant de défendre le budget 2018, il a avoué à Libération avoir passé tout son "mois de juin et une grande partie de juillet à réviser". Il a aussi "rencontré les anciens ministres du Budget, consulté tous les anciens Premier ministres" de droite.


Dans l'hémicycle, Gérald Darmanin ne laisse pas indifférent. Il séduit comme il répulse, surtout les membres du groupe LR. Mais il est aussi salué pour son combat. "Des ralliés à Macron, c’est le seul qui joue les bravaches et nous tape dessus" fait remarquer dans Libération le député du Vaucluse Julien Aubert, qui le surnomme "Darmalin". "Pourtant, au départ, c’est Bruno Le Maire le moins populaire du lot. Mais Darmanin, au moins, n’a pas changé d’attitude et reste cordial dans les couloirs…." Malgré tout, il n'échappe pas aux accusations de trahison de la part des députés Républicains.

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Il se défend d'avoir trahi Les Républicains

Mais ce gaulliste assumé, encarté à droite depuis ses 17 ans et proche de Nicolas Sarkozy, dont il a été le coordinateur de campagne lors de la dernière primaire, a toujours réfuté cet argument. Il a expliqué très clairement pourquoi dans Libération. "Ils peuvent considérer que j’ai trahi, moi je considère que c’est eux. Ils ont perdu les élections parce qu’ils ont trahi leurs électeurs. Pour moi, la droite, ce n’est pas la protection du tabac, de l’immobilier et du catholicisme blanc. Si c’est leur logique, ils vont terminer comme le PCF. Moi, face à Le Pen, j’aurais voté pour Hollande, voire pour Mélenchon. Alors qu’ils aient hésité à le faire pour Macron…." a-t-il déclaré, droit dans ses bottes. 


Jusqu’où s’arrêtera ce fils d’un tenancier de bar et d’une femme de ménage d’origine algérienne ? A-t-il des ambitions présidentielles ? Celui qui s’est installé dernièrement dans le même appartement ministériel qu’Emmanuel Macron lorsqu’il était à Bercy réfute avoir envie de suivre les pas du jeune chef de l’Etat. "Je n’ai aucune envie d’être président. Quand je ne serai plus ministre, je retournerai à Tourcoing" affirme-t-il dans Le Figaro

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