Il a été élu à la tête de LREM : qui est Christophe Castaner, l'ex-député socialiste devenu porte-flingue d'Emmanuel Macron

BRAS DROIT - Christophe Castaner a été élu délégué général de la République en marche samedi, à l'unanimité des présents moins 2 absentions. Une consécration pour l'ex-député PS, devenu à 51 ans le porte-parole du gouvernement.

Il a mouillé la chemise pendant la campagne pour faire élire Emmanuel Macron. Aujourd'hui, il est aux premières loges pour défendre les réformes face aux critiques qui s'accumulent. Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement a été élu à la tête ce samedi de la République en marche (LREM) à l'unanimité moins deux abstentions. Un vote à mains levées.


L'ancien élu PS qui avait reçu fin octobre l'aval d'Emmanuel Macron pour devenir le premier délégué général du mouvement présidentiel s'est dit "très honoré d'avoir été élu. Je me mettrai au service de notre mouvement et porterai la voix de tous nos adéhrents."

Un cadre PS qui s'est mis "en marche"

Si Christophe Castaner défend aujourd'hui le "nouveau monde" contre "l'ancien", selon la rhétorique de la majorité présidentielle, il a longtemps servi dans cet "ancien" monde, sous l'étiquette du PS. Sur le plan national, il a fait ses armes sous la "gauche plurielle" de Lionel Jospin, il y a vingt ans, en passant par les cabinets des ministres Catherine Trautmann et Michel Sapin. Il doit son ancrage local à son élection, à partir de 2001, à la mairie de Forcalquier (Alpes de Haute-Provence), dans cette région Paca qui l'a vu naître, puis au conseil régional de la même région, où il a participé à l'exécutif du socialiste Michel Vauzelle. C'est encore sous l'étiquette PS qu'il a été élu député en 2012 dans la 2e circonscription des Alpes de Haute-Provence. Sous le mandat de François Hollande, ce député de "l'aile droite" du PS, membre de la commission des Finances, s'était illustré comme rapporteur de la loi "pour la croissance" du ministre de l'Economie d'alors, Emmanuel Macron.  


Son dernier combat pour la famille socialiste remonte à 2015 lorsque, candidat à la présidence de la région Paca, il décide de se retirer du second tour pour permettre à Christian Estrosi (LR) de "faire barrage" à la candidate du FN Marion Maréchal-Le Pen. S'ensuit la rupture de la famille socialiste sous le quinquennat Hollande et son choix de rallier, en 2016, la candidature d'Emmanuel Macron, dont il devient le directeur de campagne, face à un PS qui n'a, dit-il, "jamais tranché entre la gauche réaliste et la gauche fantasmée". 


A compter de cette date, le député, réélu en juin 2017 dans sa circonscription sous l'étiquette LREM, n'aura pas ménagé sa peine pour faire gagner son poulain, comme l'illustre cette séquence où il mime un chant de supporteur, à Marseille, pour chauffer la salle avant l'arrivée du candidat.

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Christophe Castaner joue les chauffeurs de salle pour Emmanuel Macron

Un défenseur ardent de Macron... Et quelques couacs

De sa fonction de porte-parole de campagne à celle, plus périlleuse encore, de porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner a pu défendre à loisir l'action du gouvernement, quitte à se faire aussi une petite réputation avec des écarts de langage ou affirmations péremptoires qui ont fait bondir l'opposition.


Un brin de sexisme, lors de la visite de la chanteuse Rihanna à l'Elysée en juillet dernier : "Je n’ai même pas pu rencontrer Rihanna. Finalement, j’aurais été un peu déçu, sa tenue était peut-être un poil trop ample”, lance-t-il à Konbini, avant de regretter plus tard pour LCI des "propos maladroits"


Un zeste de dérapage, lorsque, le 5 octobre, le porte-parole tente de justifier les propos musclés d'Emmanuel Macron sur les salariés de GM&S en assurant que l'on "peut être cultivé et parler comme les Français" :  

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Pour Castaner, "on peut être cultivé et parler comme les Français"

Ou cette autre fois où le ministre LREM, en plein débat sur la réforme de l'assurance chômage, affirme qu'il n'est pas bon de "toucher des allocations chômage pour partir deux ans en vacances". 

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Castaner accuse les chômeurs d'être des profiteurs

Audible et franc-tireur

Malgré tout, Christophe Castaner est reconnu par ses pairs comme un excellent porte-flingue, capable de riposter en temps et en heure comme il l'a fait ces derniers jours lorsque François Hollande s'en prenait aux réformes économiques d'Emmanuel Macron. Un dirigeant de LREM soulignait ainsi, ce mardi, "l'épaisseur" du secrétaire d'Etat, qui "incarne bien le parti". 

L'Elysée peut voir plusieurs atouts à l'élection de Christophe Castaner à la tête du parti. Tout d'abord, ce rocardien incarne "une marque de centre-gauche", de par sa famille politique d'origine, selon un proche du chef de l'Etat sollicité par l'AFP. Ensuite, son ancrage local peut constituer un atout aux yeux de l'exécutif, qui avait dans son escarcelle un autre favori,  le secrétaire d'Etat Benjamin Griveaux, élu, lui, à Paris. Enfin, le jeune parti LREM, qui manque d'élus d'expérience, se cherche des poids lourds de la politique pour poursuivre sa construction et imprimer dans le paysage politique. 


Seule inconnue : l'impact d'une telle nomination sur le gouvernement. Plusieurs sources LREM ont indiqué à LCI qu'il ne pourra pas rester porte-parole de l'exécutif s'il prend la tête du parti. Sa fonction ministérielle pourrait également être revue. 

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