"Il n'y a pas eu de violences irréparables" : Laurent Nunez revient sur les propos polémiques du président

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La colère des Gilets jaunes

INTERVIEW POLITIQUE - Le secrétaire d'Etat, bras droit de Christophe Castaner à l'Intérieur, était l'invité d'Elizabeth Martichoux, jeudi 29 août sur LCI. Il est notamment revenu sur l'expression polémique du président au sujet des "violences irréparables" lors du mouvement des Gilets jaunes.

Invité de LCI, jeudi 29 août, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur est revenu sur les propos tenus par Emmanuel Macron, lundi 26 août. En clôture du G7, le président avait fait polémique en disant qu'il n'y avait pas eu de "violences irréparables" lors des manifestations de ces derniers mois en France. Des propos qui passaient mal auprès des dizaines de personnes mutilées pendant les manifestations de Gilets jaunes, du fait notamment de l'usage du lanceur de balles de défense. 

Laurent Nunez a d'abord rappelé que ces incidents ne sont pas restés sans suite. "Les blessures que vous évoquez - avoir perdu un œil, une main -, ont fait l'objet d'une enquête ont généré une enquête pour déterminer si la réponse apportée et qui a entraîné ces blessures a été proportionnée, en fonction du climat de violence." Mais il a surtout mis leur occurrence sur le compte du climat "de violence inouïe qui était dirigée contre les forces de l'ordre".

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Pas de mort "directement du fait des actions de la police"

Le bras droit de Christophe Castaner a ensuite fait un point sur la sémantique du maintien de l'ordre. "Le président de la République parle de violences irréparables. Ça veut dire que, dans tout grand mouvement, et tous les professionnels de l'ordre public le savent, la violence irréparable, c'est quand quelqu'un décède directement du fait des actions de la police." Citant Malik Oussekine, manifestants contre la loi Devaquet et mort des suites des coups reçus par des policiers, ou Rémi Fraisse, tué par l'explosion d'une grenade tirée par un gendarme lors des manifestations contre le barrage de Sivens.

Concernant les blessures de manifestants survenues durant la crise des Gilets jaunes, Laurent Nunez concède toutefois que'elles sont bien "irréparables". Elles "resteront à vie. Nous les regrettons, nous les premiers, comme secrétaire d'Etat, le président de la République, mais elles sont la conséquence de la violence contre les forces de l'ordre et qui ont du se défendre, défendre nos institutions et être à la hauteur."

Quant au lanceur de balles de défense (LBD), le secrétaire d'Etat ne semble pas vouloir revenir sur son utilisation : " Le LBD a été utilisé, pour l'essentiel, pendant les manifestations les plus violentes (...) Il est indispensable pour ne pas avoir à utiliser l'arme létale". A l'approche d'une nouvelle mobilisation des gilets jaunes ce samedi, Laurent Nunez s'est montré serein: "On appréhende ces événements de manière extrêmement sereine (…) on s’attend à un appel à mobilisation du même niveau que l’on connait". Un immobilisme qui semble se prolonger jusque dans la réforme de la doctrine du maintien de l'ordre : Laurent Nunez n'a en effet pas promis de révolution dans les discussions à venir, se contentant d'indiquer, par exemple, que les ordres de dispersion des manifestants seraient déclamés plus clairement à l'avenir.

Suicides dans la police : des mesures "dans les prochains jours"

Autre sujet qui occupe l'actualité du colocataire de Beauvau, le nombre de suicides dans la police, qui va croissant, avec 47 décès depuis le début de l’année. Un chiffre exceptionnellement élevé que le secrétaire d’Etat a qualifié de "dramatique". Face à ce constat, des mesures devraient être annoncées dans les prochains jours et Laurent Nunez donne des pistes : " On travaille beaucoup sur le temps de travail, sur les cycles dans la police nationale. Nous allons aboutir dans les jours qui viennent, nous allons expérimenter de nouveaux cycles de travail". 

Plus précisément, les policiers pourront bénéficier d’un week-end sur deux de repos, parfois pendant trois jours. La mesure devrait être expérimentée dans 50 départements, sur 3000 fonctionnaires pendant 4 mois. 

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En début d'entretien, Laurent Nunez a également été invité à réagir à l’interruption de la rencontre Nice-OM, ce mercredi soir. Des banderoles et des chants homophobes ont poussé l’arbitre à arrêter temporairement la rencontre. "C’est devenu une habitude chez certains groupes de supporters", a regretté le secrétaire d’Etat. «"Nous allons travailler (…) pour faire en sorte que chaque club prenne à bras le corps ces problématiques."

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