"Il ne faut pas relativiser le score du Front national"

Politique
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INTERVIEW - Jean-Yves Camus est le directeur de l’Observatoire des radicalités politiques. Il analyse pour metronews la victoire du Front national aux élections européennes de dimanche.

Le Front national est-il aujourd'hui, comme il le revendique, le "premier parti de France" ?
Il faut être prudent sur les formulations. Le Front national a remporté ces élections, mais pour être le premier parti de France, il lui faudra confirmer lors de scrutins nationaux. Les prochaines élections présidentielles et législatives seront fondamentales. Avec cette difficulté, concernant les législatives, que ce ne sont pas des élections à la proportionnelle, comme le sont les Européennes. On voit bien le fossé qui existe entre un FN qui a deux députés à l'Assemblée mais qui remporte 25 % des voix ce soir. La proportionnelle est le seul mode de scrutin qui pourrait lui permettre de devenir le premier parti du pays.

Le 25 mai 2014 est-il plus fort que le 21 avril 2002 ?
Non, car nous ne sommes pas au même niveau d'enjeu. La présidentielle reste l'élection la plus importante. Mais c'est incontestablement un fait très important. Cinq points d'écart avec l'UMP, c'est énorme dans le rapport de force.

Peut-on parler de tremblement de terre ?
Selon moi, on devait s'attendre à ces résultats, annoncés dans les sondages depuis plusieurs semaines. Malgré cela, il ne faut pas relativiser le score du FN. On assiste à une réelle consolidation de l'électorat frontiste.

C'est là le principal enseignement de ces européennes ?
Oui, clairement. Il paraît certain qu'aujourd'hui Marine Le Pen serait présente au deuxième tour de la présidentielle. Avec un score supérieur à celui de son père en 2002.

Que peut-on dire des bons scores des partis d'extrême droite dans toute l'Europe ?
On remarque tout de même que ce sont les partis venus de la droite conservatrice, plus que les partis d'extrême droite traditionnels, qui s'en sortent le mieux. Ce ne sera pas simple pour toutes ces formations, très diverses, de s'organiser au Parlement. Ce qui n'est d'ailleurs pas une mauvaise nouvelle pour Marine Le Pen. C'est elle qui tire le mieux son épingle du jeu en termes de leadership et d'image. Aujourd'hui, le parti dont on parle en Europe, c'est le Front national.

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