Tout ce qu'Emmanuel Macron doit (ou pas) à François Hollande

Tout ce qu'Emmanuel Macron doit (ou pas) à François Hollande

CARRIERE – Alors que son ministre de l'Economie prenait le large, François Hollande avait martelé en avril : "Il sait ce qu'il me doit". Que lui doit-il au juste ?

Une candidature de plus en plus probable. Alors que des médias annonçaient mardi le démission imminente d'Emmanuel Macron,  on se remémorre forcément les propos tenus par François Hollande en avril dernier à son sujet : "Il sait ce qu'il me doit, c'est une question de loyauté personnelle et politique". Le futur ex-ministre de l'Economie doit en effet beaucoup au chef de l'Etat. Beaucoup, mais pas tout. Récap.

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La démission de Macron

► Il lui doit son job actuel…
Ça, c'est certain, et ce n'est pas rien. Avant d'être nommé au gouvernement de Manuel Valls, durant l'été 2014, à la surprise générale, Emmanuel Macron était un homme de l'ombre, totalement inconnu du grand public. Celui qui a forcé les portes de Bercy était alors une "tête pensante" de François Hollande, depuis 2010, plus exactement son conseiller économique. Il est devenu en mai 2012 secrétaire général adjoint de l'Elysée, le nouveau Président ayant renoncé à le nommer au Budget parce qu'il n'avait aucun mandat électif . Il doit donc à François Hollande sa fulgurante ascension politique.

►… Mais il ne lui doit pas toute sa carrière
Après avoir décroché son diplôme de l'ENA en 2004 et effectué une brève carrière à l'inspection des Finances, Emmanuel Macron s'est mis en disponibilité de la fonction publique pour entrer, comme banquier d'affaires, chez Rothshild. A cette date, sa carrière est donc bien lancée et ce n'est qu'en 2006 qu'il rencontrera l'actuel chef de l'Etat. Durant cette période de quatre ans dans le privé, promu rapidement associé au sein de la banque, il gagnera près de 3 millions d'euros en salaires et en participations aux bénéfices, selon les chiffres publiés plus tard par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique .

… Et il a construit ses propres réseaux
Avant même de travailler avec François Hollande, Emmanuel Macron a un temps adhéré au PS, à l'âge de 24 ans. Il s'est rapproché de la fondation Jean-Jaurès, l'un des principaux think tanks de la gauche et en particulier du Parti socialiste, où il occupe notamment la fonction de rapporteur de la commission Mondialisation . A la présidentielle de 2007, le jeune banquier est également proche du groupe de réflexion Les Gracques , qui porte au sein de la gauche ces valeurs "sociales-libérales" qu'Emmanuel Macron incarne aujourd'hui au sein du gouvernement. Les Gracques ont notamment soutenu l'idée d'un rapprochement de l'ancienne candidate, Ségolène Royal, avec le centriste François Bayrou. Jean-Pierre Jouyet, l'actuel secrétaire général de l'Elysée, en aurait fait partie. C'est ce dernier, dont il a été le chargé de mission , qui a organisé la rencontre entre Emmanuel Macron et François Hollande.

Avant la création récente de son propre mouvement politique, "En marche", Emmanuel Macron a tissé un vaste réseau autonome qui mêle économistes, conseillers (au sein de son ministère), les fameux "Macron boys", ainsi que des patrons de grandes entreprises et des jeunes pousses de l'économie numérique. Ce qui lui donne, malgré ses nombreux opposants au sein du PS, une force de frappe qui ne dépend pas du seul soutien de François Hollande.

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