Immigration : Emmanuel Macron veut se pencher sur les "contournements" de l'asile et "évaluer" l'Aide médicale d'Etat

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DEBAT - Dans un entretien à Europe 1 réalisé en marge du sommet de l'ONU, à New York, Emmanuel Macron estime que "la France ne peut pas accueillir tout le monde si elle veut accueillir bien". Face à la hausse des demandes d'asile, le chef de l'Etat souhaite examiner d'éventuels "contournements" de la procédure et les conditions dans lesquelles les ressortissants étrangers accèdent à l'Aide médicale d'Etat (AME).

A cinq jours d'un débat parlementaire sur l'immigration qu'il avait appelé de ses voeux - et qui embarrasse une partie de sa majorité -, Emmanuel Macron a confirmé sa volonté d'examiner la demande d'asile, en hausse en France, ainsi que l'Aide médicale d'Etat, un dispositif qui permet la prise en charge sanitaire de ressortissants étrangers sur le territoire national. 

Dans un entretien accordé à Europe 1 en marge du sommet de l'ONU, à New York, et diffusé mercredi, le président de la République, qui veut éviter un "débat simpliste" sur ce sujet brûlant, estime que "la France ne peut pas accueillir tout le monde si elle veut bien accueillir", et que "pour accueillir tout le monde dignement, on ne doit pas être un pays trop attractif". "Aujourd'hui, on est à la fois inefficaces et inhumains, en Europe comme en France", explique-t-il. 

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L'asile et l'AME en question

Le chef de l'Etat souhaite qu'une réflexion soit menée sur la hausse des demandes d'asile en France, en provenance de pays qui figurent pourtant sur la liste des "pays sûrs" comme la Géorgie et l'Albanie. "Il y a moins d'entrées de migrants depuis deux ans en Europe mais il y a une augmentation de la demande d'asile en France. C'est un fait", déclare-t-il sur Europe 1. "Elle vient de pays avec lesquels on entretient des relations permanentes, qui ne sont pas des pays en guerre [...] avec lesquels on a ouvert les visas. Il y a sans doute des dérives, en tout cas un contournement de la procédure de demande d'asile."

A propos de ces pays, Emmanuel Macron évoque "une explosion des entrées liées aux sujets sanitaires, qui viennent pour se faire soigner en France". "Ce sont, dit-il, des phénomènes que l'on doit regarder et auxquels on doit apporter une réponse, parce que la France ne peut pas continuer dans cette situation". 

Pas de suppression de l'AME

Alors qu'une partie de la droite réclame depuis plusieurs années une suppression pure et simple de l'Aide médicale d'Etat (AME), Emmanuel Macron réfute cette hypothèse. "Ce serait ridicule", affirme-t-il, souhaitant que la France "continue de soigner dans notre pays celles et ceux qui y sont". "Mais est-ce que l'AME a un panier de soins qui correspond à tout ce qui est nécessaire ? Il faut l'évaluer. Je n'ai pas la réponse, mais il faut avoir un vrai débat [...] Il faut un débat pour regarder ce qu'on fait par rapport à nos voisins, si l'on rembourse à 100% ce qui doit être remboursé, et s'il y a parfois des excès." 

Un rapport a d'ores et déjà été commandé par les pouvoirs publics à l'Inspection générale des affaires sociales et l'Inspection générale des finances. Il devrait être remis fin octobre. En outre, l'AME a déjà fait l'objet de nombreux rapports parlementaires, son coût étant d'ailleurs évalué chaque année lors des débats budgétaires. 

Le chef de l'Etat réclame en outre "une harmonisation" des règles de demande d'asile avec les autres pays européens, qui ont chacun leurs propres critères pour évaluer la situation des réfugiés. 

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