Impôt sur le revenu : Philippe confirme une décote à 11% pour les deux premières tranches mais reste flou sur les financements

Politique

IMPÔT - Le Premier ministre Edouard Philippe a confirmé mercredi 12 juin la décote de trois points que le gouvernement affectera à la première tranche d'impôts sur le revenu, actuellement à 14%. Une baisse qui ne concernera que 17 millions de foyers, et pas la totalité des contribuables qui s'acquittent de cet impôt.

Qui sera concerné par la baisse d'impôts sur le revenu massive promise par Emmanuel Macron, le 26 avril ? Il y a un mois, Le Figaro avait révélé que Bercy bûchait sur un abaissement de la première tranche d'impôt, celle à 14%. Une piste confirmée par le Premier ministre lors de son discours de politique générale, mercredi 12 juin. "Le taux d’imposition de la première tranche de l’impôt sur le revenu, qui regroupe 12 millions de foyers, sera abaissé de trois points. Cela représente un gain moyen de 350 euros par foyer. C'est massif, c'est clair, c'est net".

Des baisses qui iront pour les revenus jusqu'à 72.600 euros annuels

Ainsi, le projet de loi de finances pour 2020 mettra en place une décote de trois points pour la première tranche, qui passera de 14 à 11%. Une décote qui vaudra également pour les cinq millions de foyers qui s'acquittent de la tranche à 30%. "Ils bénéficieront d'un gain moyen de 180 euros", a également précisé le Premier ministre. Comme annoncé par Le Figaro, "l'effet de cette réforme pour les tranches suivantes - 41% et 45% - sera neutralisé", a poursuivi le Premier ministre. 

Dans le détail, ce sont donc les foyers qui présentent des revenus fiscaux annuels situés entre 9800 et 27.000 euros, et ceux qui déclarent entre 27.000 et 72.600 euros, qui verront cette tranche à 14% passer à 11%. Ceux qui touchent entre 72.600 et 153.700 euros, et ceux qui touchent au-delà de cette somme, imposés respectivement à 41% et 45% sur ces tranches de revenus, ne seront donc pas concernés.

Lire aussi

Les pistes de financement sont encore floues : s'il est question de supprimer certaines niches fiscales pour les entreprises - qui bénéficient depuis 2018 d'un abaissement de l'impôt sur les sociétés - et de faire des économies dans le train de vie de l'Etat en supprimant des organismes publics et en réformant le statut des fonctionnaires, le doute persiste quant à l'idée que ces mesures puissent suffire. Devant la représentation nationale, Edouard Philippe s'est montré à peine plus précis. Rappelant la nécessité de tenir compte du "réel", il a assuré vouloir "contenir nos dépenses". 

Pour ce faire, quelques pistes : "Nous nous concentrerons sur les niches anti-écologiques, les niches qui portent sur les très grandes entreprises ou les niches qui réduisent en fait les droits sociaux des salariés : comme la déduction forfaitaire spécifique." Dans ces secteurs, place à la concertation, fait valoir le Premier ministre, qui refile la patate chaude aux ministres de Bercy Gérald Darmanin et Bruno Le Maire : "Ils en feront la présentation au début du mois de juillet".

Payé par près de 17 millions de Français

Les deux premières tranches d'impôts avaient déjà été ciblées par le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, début mai, qui avait indiqué que le gain moyen serait de 180 à 350 euros par an selon les ménages concernés. Selon lui près de 15 millions de foyers fiscaux vont bénéficier de la baisse de l'impôt sur le revenu. Ce dernier, qui rapporte chaque année près de 75 milliards d'euros à l'Etat, est actuellement payé par 16,8 millions de foyers fiscaux sur un total de 38,3 millions, soit moins de 45% des contribuables. Cinq tranches progressives existent actuellement pour l'impôt sur le revenu : 0%, 14%, 30%, 41% et 45% pour les revenus supérieurs à 153.783 euros.

Lire et commenter