Incarcéré, Georges Tron renonce finalement à son mandat de maire de Draveil

Ancien secrétaire d'État à la Fonction publique et maire de Draveil, Georges Tron est désormais incarcéré et a rendu les clés de la ville de l'Essonne.

JUSTICE - Condamné en appel en février pour viol et agressions sexuelles, l'ex-secrétaire d'État a démissionné mardi de son mandat de maire de Draveil (Essonne) qu'il continuait de diriger alors qu'il était incarcéré.

Peut-on administrer une ville depuis une cellule de prison ? Si la réponse semble évidente, il a fallu plusieurs mois pour que le maire de Draveil (Essonne) démissionne de son mandat alors qu'il a été condamné en appel en février pour viol et agressions sexuelles. Alors que l'ex-secrétaire d'État continuait de diriger tout en étant incarcéré, il a renoncé à ses fonctions, a indiqué le premier adjoint Richard Privat. 

"Je vous confirme la démission de Georges Tron de son mandat de maire", a déclaré le remplaçant du maire "empêché". Dans une lettre adressée à la Préfecture de l'Essonne et consultée par l'AFP, l'ex-édile parle d'"une décision bien douloureuse". De son côté, la préfecture déclare avoir été informée de cette annonce bien qu'elle n'ait pas encore reçu les lettres de démission. 

Après un feuilleton judiciaire de dix ans et un acquittement en première instance, l'élu a été condamné en appel en février à cinq ans d'emprisonnement, dont trois ferme, pour viol et agressions sexuelles d'une ancienne collaboratrice à la mairie, assortis de six ans d'inéligibilité. Il s'est pourvu en cassation. Le 22 mars, une demande de mise en liberté du maire, incarcéré à la prison de la Santé à Paris, a été rejetée. 

Selon deux anciennes employées de la commune, parties civiles, Georges Tron avait utilisé son pouvoir et sa prestance pour se constituer un "harem municipal" en proposant un emploi à des femmes dans sa ville. Le maire leur aurait imposé des attouchements et pénétrations digitales entre 2007 et 2010, généralement lors de scènes de triolisme avec son adjointe à la Culture d'alors, Brigitte Gruel, selon les victimes.

Une belle victoire féministe- Association "Osez le féminisme"

Sa démission intervient alors que l'opposition et les associations féministes critiquaient son "omniprésence" à la tête de la mairie avec laquelle il est en contact "quotidiennement". Pour l'association "Osez le féminisme !", c'est "une belle victoire féministe". "Enfin ! Il aura fallu trois mois de mobilisation des féministes et des élus pour obtenir ce qui aurait dû être une évidence", a réagi de son côté la sénatrice PS Laurence Rossignol. Au sein du pouvoir exécutif, la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a déclaré sur Twitter que sa démission était "la moindre des choses".

Si le maire LR passe le flambeau, ce serait pour des raisons de logistiques, dit-il en réaffirmant son innocence dans sa lettre : "Ma condamnation n'étant pas définitive, je suis toujours présumé innocent et dans ce cadre, et malgré la difficulté et la dureté de cette situation pour mes proches et moi-même, j'ai, en total accord avec mon équipe municipale, continué à exercer mes fonctions de maire de Draveil ces trois derniers mois". Georges Tron ajoute cependant qu'un "débat s'ouvre aujourd'hui sur la capacité matérielle dont je disposerais pour exercer mes fonctions. Je n'ai pas les moyens d'y participer".

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Mais l'ex-édile de Draveil n'a pas été facile à déboulonner. Maire LR depuis 25 ans de cette ville de 30 000 habitants sur la rive droite de la Seine, à une trentaine de kilomètres au sud de Paris, Georges Tron a été réélu à plus de 64% lors des élections municipales en 2020 et est soutenu d'un seul bloc par sa majorité. Le 12 mai, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait indiqué que le gouvernement travaillait sur "les conditions" de la révocation de Georges Tron mais qu'"il y a(vait) des enjeux juridiques".

Pour François Guignard, à la tête du groupe d'opposition Draveil Transition, cette démission est "une bonne chose pour la démocratie. Les citoyens attendent de leurs élus une exemplarité", a-t-il dit. Il reste conseiller municipal et conseiller communautaire. "Il fait le choix du calendrier, de son remplaçant à la mairie et au conseil départemental, il tire toutes les ficelles", a ajouté François Damerval, autre élu d'opposition. Georges Tron a démissionné également de son mandat de vice-président de la communauté d'agglomération Val-d'Yerres/Val de Seine.

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