Incendie à Rouen : "La communication de l’exécutif a été chaotique", critique Gérard Larcher

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INTERVIEW - Gérard Larcher, président du Sénat, était l’invité politique d’Elizabeth Martichoux dans la matinale de LCI ce jeudi 3 octobre.

Gérard Larcher était l'invité politique d’Elizabeth Martichoux jeudi 3 octobre. Le président du Sénat est revenu sur l'incendie de Rouen en annonçant la création d'une commission d'enquête parlementaire "dès la semaine prochaine", la réforme des retraites et le grand débat organisé à Rodez ce jeudi en présence d'Emmanuel Macron ainsi que sa relation avec le président de la République.

Le président du Sénat, estimant que l'incendie de l'usine Lubrizol est une "catastrophe industrielle" rappelant celle d'AZF à Toulouse, affirme "croire le Premier ministre quand il dit devant le Sénat qu'il dira la vérité". Et d'ajouter : "Quand il dit 'on ne sait pas tout', je crois que c'est un élément de cette vérité".

Il a également critiqué la communication du gouvernement sur cet incendie."La communication de l’exécutif a été chaotique. Elle a entraîné l'arrivée d'angoisses légitimes, d’interrogations légitimes", affirme-t-il.

Une commission d’enquête qui ne fera pas "que constater"

Gérard Larcher a confirmé la création d'un commission d'enquête parlementaire sur l'incendie du site industriel, dont la durée maximale sera de 6 mois et dont le président sera bientôt désigné par ses membres. Il annonce que cette commission ne fera pas "que constater" mais devra "analyser les faits et les réactions de l'exécutif". Autre interrogation portée par cette commission, indique le président du Sénat : "est-ce que les procédures Seveso sont encore d'actualité ?".

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Incendie à Rouen : Larcher confirme la création d'une commission d'enquête parlementaire

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Le deuxième personnage de l'État est aussi revenu à plusieurs reprises sur l'attitude du président de la République à l'égard de la catastrophe de Rouen. Tout en affirmant qu'il appartient à Emmanuel Macron de décider de se rendre sur place ou non, Gérard Larcher affirme qu'il "faudra que le président, qui a une tendance à l'hyperprésidentialisation, se préoccupe de la question".

Alors que le chef de l'État se déplace à Rodez pour discuter de la réforme des retraites, Gérard Larcher se fait incisif sur la question : "Ça fait un an et demi qu'on débat des retraites. (...) À un moment, il faut être chef, il faut décider", tout en ajoutant que "ce n'est pas simple". Pour le président du Sénat, qui se dit "favorable à un système de retraite par points", le dialogue social ne doit pas se transformer en "dialogue éternel" et "il faut avoir le courage de parler de l'âge" de départ. Évoquant un "risque" d'immobilisme de la part d'Emmanuel Macron, il dit commencer à "avoir des doutes sur la réalité d'une vraie réforme".

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Qualifiant sa relation avec le président de "courtoise et républicaine", Gérard Larcher confie ne pas être "tout à fait sûr [qu'ils] se comprenne[nt] mutuellement sur un certain nombre de sujets". Et même d'affirmer qu'Emmanuel Macron "[le] voit comme quelqu'un qui serait uniquement dans la ruse".

Le président du Sénat a enfin critiqué ce qu'il estime être une réduction du choix offert aux électeurs "entre le président et Le Pen". "Ce système binaire affaiblit la démocratie". Et de revenir sur les prochaines élections municipales, qui lui apparaissent comme "un enjeu de confiance envers les élus, avant d'être un enjeu partisan".

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