Affaire Benalla : enquête ouverte après la diffusion des images de vidéo-surveillance de la Contrescarpe sur Twitter

1ER MAI - Comment les images des violences de la place de la Contrescarpe, obtenues illégalement par Alexandre Benalla, ont pu être diffusées sur les réseaux sociaux ? Selon les informations de LCI, le parquet de Paris vient d'élargir son enquête dans laquelle 3 policiers sont déjà impliqués.

C'est une des nombreuses informations que recèle l'interview donnée par Alexandre Benalla au Monde. Le futur ex-chargé de mission de la présidence de la République, en procédure de licenciement après les violences perpétrées sur un couple le 1er mai, au milieu des réunions post-manifestation de la fête du travail, y raconte comment, après les révélations du Monde, le 18 juillet, "quelqu'un" lui a remis un CD contenant des images de la place de la Contrescarpe "qui peuvent l'aider pour se défendre". En effet, y figure notamment le moment où le couple molesté par le chargé de mission jette des projectiles en direction des CRS. Des images que des comptes Twitter partisans du président ont partagé sur le réseau social. 


Comment ces images ont elles pu être diffusées sur les réseaux sociaux ? C'est ce que cherche désormais à savoir la justice. Selon nos informations, à la suite des révélations de Mediapart, le parquet de Paris a étendu la saisine du juge d'instruction aux faits de recel de détournement d'images issues d'un système de vidéo protection, et recel de violation du secret professionnel, sous forme de supplétif contre X.


Dans cette affaire, trois policiers ont déjà été mis en examen pour ces chefs d'accusation. Mais d'autres responsabilités pourraient désormais être mises au jour. Sans admettre être au courant que ces images ont été détournées illégalement par ceux qui les lui ont transmises, Alexandre Benalla avait indiqué au Monde les avoir aussitôt remises "à un conseiller communication" de l'Elysée. Il émet ensuite cette hypothèse : "Je crois qu'ils ont essayé de la diffuser et de la fournir à des gens pour montrer la réalité des faits." 

Détournement d'images

Ces images, c'est à Ismaël Emelien, conseiller politique d'Emmanuel Macron à l'Elysée, qu'Alexandre Benalla les a remises, comme se l'est fait confirmer LCI auprès de l'Elysée. Selon la version du Palais, le directeur de cabinet Patrick Strzoda, ayant des doutes sur l'origine de l'enregistrement, l'a adressé à la préfecture. Puis, constatant qu'Alexandre Benalla n'aurait pas du être en possession de ces images, cela relevant des faits de détournement d'images de vidéo-protection, fait usage de l'article 40 du code de procédure pénale, et engage une procédure de licenciement à l'encontre du collaborateur, qui signe là, toujours selon la communication de l'Elysée, la fin du sursis qui lui avait été imputé après ses agissements violents du 1er mai.


Toutefois, le boulet reste accroché aux basques de l'Elysée. En effet, Mediapart révèle jeudi 26 juillet que des captures d'écran de la vidéo surveillance ont été diffusées par des comptes Twitter soutiens d'Emmanuel Macron, dans la nuit du 18 au 19 juillet. Des tweets pour beaucoup supprimés, à l'instar de celui-ci, dont Mediapart a obtenu la capture photo.

Et dont un autre compte Twitter, opposé au gouvernement, a fait une capture vidéo :

Une suppression qui n'a pas concerné tous les comptes ayant partagé ces images illégales, ainsi que le prouve ce tweet, diffusé le 21 juillet et toujours en ligne, sur un compte particulièrement attaché à dégonfler l'affaire et à prendre en grippe l'ensemble de l'opposition parlementaire.

Ismaël Emelien auditionné à la rentrée ?

Des faits qui pourraient relever de recel de détournement d'images de vidéo-protection, attendu que ces images auraient dû être détruites un mois après le 1er mai, jour où elles ont été tournées. Des faits qui avaient également conduit Guillaume Larrivé à réclamer l'audition d'Ismaël Emelien, avant qu'il ne quitte son poste de co-rapporteur de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, marquant son désaccord avec sa collègue LaREM Yaël Braun-Pivet... sur la liste des personnes à auditionner. Selon nos informations, le Sénat ne devrait pas non plus procéder à l'audition du conseiller dans l'immédiat, mais s'en réserve la possibilité à la rentrée.


Interrogé sur sa responsabilité dans la destination de ces images, l'Elysée a assuré n'avoir pas gardé de copie de ces bandes. Et assuré par ailleurs n'avoir "pas de réponses possibles au vu des procédures judiciaires en cours". Interrogé par la commission d'enquête du Sénat à ce sujet, Christophe Castaner a de son côté assuré qu'il n'avait pas eu connaissance de ce que des comptes Twitter pro-LaRem avaient diffusé ces images. Et ajouté se dire "convaincu qu'aune instruction n'a été donnée" à la tête du parti pour les diffuser dans un esprit de contre-offensive médiatique.


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