Instance de dialogue avec l'islam : à quoi ça sert ?

Instance de dialogue avec l'islam : à quoi ça sert ?

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CULTES – Le Premier Manuel Valls a lancé lundi, devant des responsables religieux, l'instance de dialogue avec l'islam de France. Ce "forum" se réunira jusqu'à deux fois par an pour débattre de sujets aussi larges que l'image de l'islam, la formation des imams et le financement des mosquées.

Les débats sur l'islam ont la cote. Après la réunion à huis clos des Républicains sur le sujet , le Premier ministre Manuel Valls a lancé lundi une " instance de dialogue avec l'islam de France " annoncée après les attentats de janvier et destinée à "renforcer le dialogue entre le gouvernement et les musulmans de France". En voici l'essentiel.

 Voir plus large que le CFCM
Depuis 2003 – Nicolas Sarkozy était alors ministre de l’Intérieur – le Conseil français du culte musulman ( CFCM ), présidé par Dalil Boubakeur, est censé assurer la représentation des principales tendances de l'islam de France et de ses quelque 5 millions de fidèles.

Mais parmi les critiques à son sujet, le manque de représentativité du CFCM revient régulièrement. Au-delà de "l'organisation institutionnelle de l'islam", dont le CFCM reste le pilier, Manuel Valls a donc souhaité élargir le débat. D'où la présence, lundi, de 120 personnalités, dont des imams, des recteurs, des théologiens, des associatifs ou encore des islamologues. Une palette étendue aux influences plus rigoristes, dont les Frères musulmans et les prédicateurs du Tabligh, sous réserve que les participants respectent le principe de laïcité et les valeurs de la République .

 Régler "des questions concrètes"
Les préfets ont pour mission d'ouvrir le dialogue avec les "représentants locaux" du culte musulman et de faire remonter les préoccupations à partir de ces échanges. Sur la base des 5000 personnes rencontrées, plusieurs thèmes ont été retenus pour la première rencontre : formation universitaire obligatoire pour les aumôniers, formation des imams et maîtrise du français, sécurité des mosquées face aux actes islamophobes, image de l'islam, financement des mosquées via une fondation - le CFCM en réclame le double en France - et encadrement des pratiques rituelles comme la certification halal.

 Un rendez-vous qui reste informel
Dans la lettre adressée aux invités, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a prévenu : "Il ne s'agit pas d'une instance de négociation devant déboucher sur des décisions immédiates". En revanche, cette première prise de contact débouchera sur des groupes de travail thématiques. En outre, l'instance devrait se réunir jusqu'à deux fois par an.

 La radicalisation hors sujet… pour l'instant
Alors que l'instance de dialogue a été créée dans la foulée des attentats de janvier 2015, la question de la radicalisation a été soigneusement écartée de cette première rencontre. Elle devrait être abordée dans le cadre d'un groupe de travail spécifique. Une certitude : les débats seront publics, Manuel Valls ayant spécifié, lundi, qu'il refusait le "huis clos", en référence à la réunion sur l'islam organisée chez Les Républicains par Nicolas Sarkozy.

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