Richard Ferrand "condamne fermement" les propos sexistes à l'égard de la députée LFI Mathilde Panot

La députée LFI Mathilde Panot à l'Assemblée nationale en décembre 2020.

SEXISME - La députée LFI a réclamé "des excuses" et "une sanction" après avoir été notamment traitée de "poissonnière" dans l'hémicycle par un élu de la République en Marche. Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a condamné "fermement" ces propos.

Du sexisme jusque dans l'hémicycle. La députée LFI Mathilde Panot a réclamé mercredi des "excuses" et une "sanction" après avoir été qualifiée de "poissonnière" mardi soir dans l'hémicycle par un "député LaREM".

"Ce n'est pas une question personnelle. C'est notre institution qui ne doit pas laisser passer ça. Il y a beaucoup trop de sexisme à l'Assemblée nationale", a-t-elle affirmé. 

"Je rappelle qu'il y avait eu des bêlements lors d'une prise de parole de la députée Alice Thourot (LaREM) ou que mes collègues Clémentine Autain (LFI) et Elsa Faucillon (PCF) avaient été traitées de +petites connes+ par le député Meyer Habib (UDI)", a poursuivi l'élue du Val-de-Marne.

Un courrier adressé à Richard Ferrand

Dans la vidéo des débats mardi soir, on entend clairement qu'un député lance "la poissonnière !", sans pouvoir l'identifier, avant une intervention de Mathilde Panot à la tribune. Mise au courant, la députée Insoumise a protesté une heure plus tard lors d'un rappel au règlement pour "fait personnel". "Si je veux faire ce rappel au règlement, c'est parce que je crois qu'il est important que notre Assemblée ne laisse pas passer ce genre d'insulte sexiste. Je défendrai chacun des collègues parlementaires qui sont victimes de sexisme", a-t-elle alors expliqué. 

Mathilde Panot indique avoir reçu le soutien de plusieurs collègues y compris de LaREM, comme la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet. Mercredi, elle a adressé un courrier au président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, en réclamant une "sanction" contre "Monsieur Pierre Henriet", député LaREM de Vendée à qui elle attribue l'insulte.

Ce dernier a notamment réagi dans la soirée sur les réseaux sociaux, se défendant de tout propos sexiste à l'encontre de sa collègue de la France insoumise. "Mathilde Panot passe son temps à vociférer à la tribune et à couper la parole. J'étais excédé et mon propos n'est en rien une injure encore moins sexiste, c’est une expression pour dénoncer son comportement comme je le fais aussi pour ses collègues masculins", écrit Pierre Henriet qui s'excuse néanmoins "si elle se sent à tort insultée"

Mathilde Panot ajoute qu'une autre insulte lui a été lancée, "la folle", par un "député LaREM" et demande une "identification sans délai de l'auteur" de ces propos, également audibles dans la vidéo des débats.

Richard Ferrand "condamne fermement" ces propos

Lors de l'incident, le président de séance David Habib (PS) a déclaré "ne pas être au courant de ce qui a été dit", mais transmettre au président de l'Assemblée nationale l'interpellation de Mathilde Panot. "Si des propos graves, sexistes, ont été tenus, je pense que le président de l'Assemblée nationale prendra les dispositions et les décisions qui s'imposent", a souligné le parlementaire socialiste.

David Habib a par ailleurs provoqué la colère de Mathilde Panot en l'appelant à plusieurs reprises "Madame Batho", l'ancienne ministre de l'Écologie, également parlementaire (non inscrite). 

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À ce stade, le compte rendu des débats, disponible sur le site de l'Assemblée, ne mentionne pas les propos évoqués, mais décrit un "vif brouhaha". Dans un communiqué publié jeudi, Richard Ferrand a "condamné fermement les propos tenus en séance publique contre la députée Mathilde Panot", affirmant que "le sexisme n'a pas sa place dans notre société, encore moins dans l'expression d'un élu de la République, au sein même de l'hémicycle". Le président de l'Assemblée nationale s'est dit "décidé à ne rien laisser passer", et évoquera ce sujet "lors de la prochaine conférence des présidents", prévue mardi 9 février.  

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