Marseille : face aux déchets qui s'accumulent, la préfecture ordonne la réquisition des éboueurs

L'orage qui s'est abattu à Marseille lundi a répandu des dizaines de tonnes de déchets et de poubelles éventrées qui jonchaient déjà les trottoirs après la grève d'une semaine des éboueurs. Combien de temps faudra-t-il pour nettoyer les plages à Marseille.

DÉCISION - Face aux ordures qui s'entassent dans les rues de Marseille en raison de la grève des éboueurs et des récentes intempéries, la préfecture des Bouches-du-Rhône a annoncé la réquisition des agents à partir de ce jeudi, pour une durée de trois jours.

Face aux ordures qui s'accumulent dans les rues de Marseille, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône prend une mesure d'ampleur. Alors que la grève des éboueurs se poursuit partiellement, Frédérique Camilleri, la préfète, a décidé de réquisitionner par arrêté les agents de propreté, et notamment les grévistes, à partir du jeudi 7 octobre, pour une durée maximale de trois jours.

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Cette décision, qui concerne une soixantaine d'agents, a été prise car la préfecture considère qu'il y a une "persistance des atteintes à la salubrité et à la sécurité publiques, en dépit des mesures prises par la Métropole pour y remédier", selon le communiqué. Cette intervention de l'État fait suite aux violents orages, survenus lundi 4 octobre, et qui ont recouvert les plages de Marseille de déchets, suscitant une vague de protestation. 

Ensuite, le mistral qui s'est levé mercredi a empiré la situation en dispersant partout les ordures, provoquant un débordement dans certains secteurs des 92 communes de la métropole dirigée par Martine Vassal, la présidente de la métropole Aix-Marseille.

Si la grève n'est pas terminée, c'est bien qu'il y a un problème sur leur pseudo-accord.- Véronique Dolot, CGT

Sur Twitter, Martine Vassal a réagi en déclarant : "Je remercie la préfète de police, qui à ma demande, a réquisitionné les personnels hors préavis qui bloquent aujourd’hui les agents de la collecte et de la propreté".

Mais de son côté, Patrick Rué, le secrétaire de Force ouvrière de la ville et de la Métropole de Marseille a déclaré : "Je ne vois pas l'intérêt d'une réquisition, car les grévistes se comptent sur le doigt d'une main, je ne sais pas qui ils vont réquisitionner". Pour Véronique Dolot, de la CGT Métropole, cette annonce de la préfecture est "une décision à la hussarde et si la grève n'est pas terminée, c’est bien qu'il y a un problème sur leur pseudo-accord".

Patrice Kantarjian, de l'Union départementale CGT 13, dénonce pour sa part un manquement de la part de Martine Vassal : "Si la présidente de la Métropole avait rencontré les grévistes, on n'en serait pas là". Et d'ajouter que "le problème de la propreté de Marseille n'a pas démarré avec la grève des éboueurs".

La dernière réquisition de ce type à Marseille remonte à 2010. Des hommes de la Sécurité civile avaient d'abord  été mobilisés, avant que le préfet en vienne à réquisitionner des éboueurs pour faire fonctionner des centres de transfert d'ordures en grève contre la réforme des retraites à l'époque.

Cette année, les éboueurs de la Métropole se sont mis en grève fin septembre pour dénoncer leur temps de travail et l'application des 35 heures. Mais les tournées de collecte avaient commencé à reprendre vendredi 1er octobre après un accord entre la Métropole et les syndicats FO et la FSU.

De son côté, la CGT n'avait pas signé la proposition d'une baisse des 35 heures de 9,5% pour tenir compte de la pénibilité du travail des agents de collecte et de propreté. La grève a ainsi continué dans certains secteurs, notamment à "100% à Istres ou Martigues" et dans certains secteurs de Marseille, selon le syndicat.

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