Intermittents : ça chauffe encore entre le gouvernement et le Medef

Intermittents : ça chauffe encore entre le gouvernement et le Medef

Politique
DirectLCI
SOCIAL - La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a accusé dimanche le Medef de chercher des "boucs émissaires" et de vouloir "tuer la culture" avec sa proposition de suppression du régime des intermittents du spectacle. Un psychodrame de plus dans les relations décidément mouvementées entre le gouvernement et le Medef.

Le ton monte encore d'un cran entre le gouvernement et le Medef. La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, n'a pas mâché ses mots dimanche pour réagir à l'offensive radicale du patronat contre l es règles d'indemnisation des intermittents du spectacle . Réaffirmant son "attachement" au régime spécial dont bénéficient les artistes et techniciens – ils cotisent 507 heures sur dix mois pour toucher le chômage, contre 610 heures sur 28 mois pour un salarié du régime général - , elle a jugé dans Le Parisien que la proposition de le supprimer pour faire des économies relevait d'"une attitude agressive et scandaleuse". "Le Medef veut tuer la culture", a-t-elle même lancé.

De quoi rassurer les syndicats et les professionnels concernés, qui avaient occupé jeudi le hall de son ministère pour défendre la nécessité du système. Un dispositif adapté à leur forte précarité, mais régulièrement pointé du doigt pour son coût, son déficit annuel étant estimé par la Cour des comptes à plus d'un milliard d'euros, pour 112.000 bénéficiaires en 2012. "Il faut plutôt parler de 300 millions d'euros, car si on supprime ce système les intermittents rejoindront le régime général", a nuancé Aurélie Filippetti.

Gattaz attendu


Pour la ministre de la Culture, la proposition choc du Medef sur les intermittents s'apparente à une opération de diversion. Il "cherche un bouc émissaire car il est incapable de s'engager sur des contreparties au pacte de responsabilité proposé par le président", a-t-elle estimé. Déjà jeudi, les syndicats impliqués dans les discussions sur l'assurance-chômage avaient dit craindre d'être utilisés comme "monnaie d'échange dans le bras de fer" engagé autour de ce pacte cher à François Hollande (allègement des charges des entreprises pour faciliter les embauches).

Dans ce contexte, la conférence mensuelle de Pierre Gattaz, mardi, sera très attendue. Après avoir fâché le gouvernement la semaine dernière en disant non aux "contraintes" du pacte de responsabilité, avant de faire marche arrière, il devrait poursuivre sur la voie de l'apaisement . "Entre le président de la République et le président du Medef, c'est un peu comme la chanson de Gainsbourg 'Je t'aime, moi non plus', ironisait récemment le patron de FO, Jean-Claude Mailly. Une petite musique qui ne semble pas près de s'éteindre.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter