Intervention militaire en Syrie : en France, qui dit oui, qui dit non

GUERRE CONTRE DAECH - François Hollande a annoncé lundi des vols de reconnaissance en Syrie, en vue d'éventuelles opérations aériennes contre l'Etat islamique, tout en écartant une intervention au sol. L'hypothèse d'une opération militaire est partagée par la classe politique, avec des nuances.

Intervenir contre Daech, oui, mais pas n'importe comment. François Hollande a annoncé lundi l'envoi, dès mardi, de "vols de reconnaissance" au-dessus de la Syrie puis, "selon les informations que nous recueillerons, nous serons prêts à faire des frappes aériennes". Le président français a en revanche écarté d'emblée la possibilité d'une intervention au sol de l'armée française, avec deux arguments : la France serait seule à agir, et sa présence serait perçue comme celle d'une "force d'occupation".

Depuis ce week-end, les prises de position en faveur d'une intervention militaire se sont multipliées à gauche comme à droite, laissant imaginer un relatif soutien à une initiative française en Syrie. Avec des nuances. Le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, ne s'est pas formellement exprimé sur la possibilité d'une frappe aérienne, mais ses propos tenus devant son parti samedi à La Baule laissent peu d'ambiguïté : "Il faut une guerre totale contre Daech. C'est une décision lourde. Nous devons gagner."

Troupes au sol

Chez Les Républicains, d'autres se montrent plus précis. L'ex-ministre Eric Woerth s'est prononcé jeudi dernier non seulement pour une "guerre" contre l'Etat islamique, mais aussi, "évidemment", pour une intervention des troupes au sol. Le député (LR) Bruno Le Maire a de son côté défendu une variante moins radicale, envisageant "un nombre limité de troupes au sol" dans le cadre d'une coalition internationale".

Moins "va t’en guerre", Alain Juppé (LR) s'est dit favorable dimanche à l'opération militaire mais en dispensant les troupes françaises d'intervenir sur le sol syrien, sur la même ligne que le président français : "Nous risquons si nous nous engageons dans cette voie de nous mettre dans un guêpier de même nature que celui que la coalition internationale a connu en Afghanistan, ou les Américains avec leurs alliés en Irak", a plaidé l'ancien Premier ministre.

Scepticisme

La droite compte toutefois des voix hostiles à la guerre. Parmi elles, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, connu pour sa prise de position contre la guerre en Irak en 2003, pour qui une intervention en Syrie serait une "erreur", comme celles menées en Libye et en Irak . "N'oublions pas, dit-il, qu'une intervention militaire, c'est la destruction d'un Etat mais aussi d'une société."

A la gauche du PS, la députée Marie-Noëlle Lienemann s'est dite également "très dubitative" sur une intervention militaire , estimant que des frappes aériennes "ne paraissent pas indispensables et nécessaires pour l'heure", et plaidant pour "le renseignement, donc le survol et les drones" sur le territoire syrien. Hostilité encore plus marquée au Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon s'opposant à une intervention militaire contre Daech qui est " par définition une organisation infiltrée dans les populations civiles ".

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