Couacs à l'Assemblée : "Le procès en illégitimité est malhonnête", dénonce le député REM Sacha Houlié

Politique
INTERVIEW - Jeudi soir, le vice-président REM de l'Assemblée nationale Sacha Houlié, qui présidait la séance, a rappelé à l'ordre ses collègues macronistes qui ont rejeté par erreur un article de la loi de moralisation qu'ils étaient censés soutenir. Ce qui n'empêche pas le jeune député de 28 ans de s'insurger auprès de LCI contre le procès en incompétence que l'opposition fait à sa majorité. Selon lui, il ne s'agit que d'une "tactique".

C'est lui qui présidait la séance lorsque le couac s'est produit. Jeudi soir, Sacha Houlié, 28 ans, député REM de la Vienne et vice-président de l'Assemblée nationale, a rappelé à l'ordre ses collègues de la majorité présidentielle. Ces derniers, croyant voter contre un amendement qu'ils pensaient avoir été déposé par un élu de La France insoumise, ont en fait rejeté par erreur l'article 7ter de la loi de moralisation relatif à la transparence fiscale des ministres. "Faut être attentif", s'est-il agacé, avant d'appeler ses collègues à distinguer le vote d'un amendement et celui d'un article de loi... 


Cet épisode a fourni une énième occasion, pour l'opposition, de dénoncer la désorganisation présumée des débats sous la nouvelle majorité et son supposé amateurisme. 

Des attaques qui ont fini par faire sortir le jeune député de ses gonds. Dans une mise au point, vendredi matin, Sacha Houlié a contre-attaqué et dénoncé "le traitement réservé aux nouveaux parlementaires" par les vétérans de l'Assemblée. 

Interrogé par LCI ce vendredi après-midi, Sacha Houlié va plus loin. 

LCI : Les députés de votre majorité ont rejeté jeudi soir un article qu'ils étaient censés adopter. Pourquoi ce cafouillage ?

Sacha Houlié : Nous en étions à plus de 35 heures de discussions sur la loi [de moralisation] et j'avais 42 députés inscrits pour discuter de cet article 7 ter, un vrai record. Cela donne une idée de l'ampleur du travail que nous avons. Qu'il y ait parfois des difficultés lors de l'examen des textes, c'est vrai, mais ce n'est pas différent de ce qu'il se passait lors des précédentes législatures. Là, il y a un focus particulier sur la nouvelle majorité et, il faut le dire, un vrai bizutage de la part d'anciens députés qui ont décidé de pourrir les débats en continuant à faire de la vieille politique.

LCI : Plusieurs présidents de séance de votre majorité ont été mis en cause dans l'organisation des débats, y compris par des députés proches... Vous-même, comment appréhendez-vous cette présidence de séance ?

Sacha Houlié : Avant de présider, j'ai regardé des vidéos d'interventions d'anciens présidents lors des précédentes législatures. J'ai constaté que, même avec les plus talentueux, ce genre de situation se produisait lors des débats. Mais personne ne leur en faisait grief. Ce n'est jamais facile. Des séances peuvent dégénérer rapidement sans que le président n'en soit la cause.

LCI : Comment interprétez-vous, dans ce cas, les attaques de l'opposition sur le thème de l'incompétence ?

Sacha Houlié : Quand vous affirmez quelque chose de faux avec assurance, l'opposition ne vous conteste pas. Mais à partir du moment où vous manifestez un petit défaut d'assurance tout en disant quelque chose de vrai, les vieux élus créent l'incident de séance et génèrent eux-mêmes la gêne. C'est ce qui est arrivé à ma collègue Carole Bureau-Bonnard [mercredi lors du débat sur les amendements concernant le "verrou de Bercy", NDLR]. Elle était dans son droit en menant une discussion commune sur les amendements. Mais lorsqu'elle a pris conseil auprès des administrateurs, pour s'en assurer, tout le monde a sauté sur l'occasion. C'est assez malhonnête. Il n'est pas question que je laisse passer ces procès en illégitimité et en incompétence, alors que les députés REM affichent des taux de présence à l'Assemblée bien meilleurs que les anciennes majorités.

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