Interview d'Emmanuel Macron à "Valeurs Actuelles" : à gauche ça ne passe pas

Interview d'Emmanuel Macron à "Valeurs Actuelles" : à gauche ça ne passe pas
Politique

GÊNE - Plusieurs voix se sont élevées à gauche pour dénoncer le fait que le Président de la République ait accordé une interview à l'hebdomadaire marqué à droite.

C'est peu dire que l'interview accordée cette semaine par Emmanuel Macron dans les colonnes de Valeurs Actuelles fait réagir. Le président de la République, qui s'exprime dans cet hebdomadaire à la ligne éditoriale marquée très à droite,  sur l'immigration, le communautarisme et le voile, a provoqué un tollé chez les partisans de la gauche. 

Plusieurs voix se sont élevées contre le choix de s'adresser à Valeurs Actuelles, comme le porte-parole du PCF Ian Brossat qui a fustigé sur Twitter "le choix de ce support, spécialisé dans la haine antimusulmans, qui propage la xénophobie la plus crasse à longueur de colonnes, n'a rien d'anodin".  

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Mais cet entretien a aussi été remarqué par l'ancien Président, François Hollande qui a estimé que le chef de l'Etat "aurait pu trouver d'autres organes de presse" pour s'exprimer. François Hollande juge que "cet hebdomadaire qui a le droit d’exister tient des positions qui sont souvent extrêmes". "Le rôle du chef de l'Etat est d'assurer la cohésion nationale, ce qui ne passe en aucun cas par des clins d’œil appuyés à un électorat qui la tient pour impossible et qui rêve de la détruire", renchérit SOS racisme.

"La banalisation du pire franchit un nouveau palier", déplore le sénateur PS David Assouline. "Manifestement il veut s’adresser à cet électorat très particulier de gens de droite, qui ont souvent tendance (...) à élever la température verbale contre l’islam, voire plus", a estimé sur LCI le député LFI Alexis Corbière, qui avait lui-même accordé un entretien à l'hebdomadaire. 

Par avance, l'Elysée a voulu déminer la polémique, soulignant "la volonté de parler à tous les Français". "Il est important qu'il se livre à des exercices de pédagogie", a renchéri la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, à l'issue du Conseil du ministre.  C'est un "devoir de parler aussi d'immigration", pour ne pas laisser le sujet aux "extrêmes", a insisté le ministre du Logement Julien Denormandie.

Le voile, une polémique qui déchire la majorité

L'article reprend sur 12 pages des idées déjà détaillées par le chef de l'Etat, dans cet entretien du 25 octobre, accordé dans l'avion retour de sa visite à La Réunion, avant l'attaque contre la mosquée de Bayonne par un ancien candidat d'extrême droite. Revenant sur la polémique sur le voile relancée par un élu du RN le 11 octobre et qui a déchiré jusqu'au sein de sa majorité, Emmanuel Macron estime que l'on "a été pendant quinze jours l'otage de deux périls qu'il faut éviter: le communautarisme et le Rassemblement national, voilà pourquoi je n'ai pas voulu rentrer là-dedans".

Il relève un "échec de notre modèle (d'intégration par l'économie) qui se conjugue avec la crise de l'islam", crise qui "conduit à des formes très dures d'islam politique". Mais pour lui, le problème n'est pas "la maman qui porte un voile et qui accompagne son enfant en sortie scolaire", mais "les enfants qui sont déscolarisés".

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