L'interview du 14 juillet : un rendez-vous "solennel, légitime, qui plaît aux Français"

Valéry Giscard d'Estaing répondant à Yves Mourousi et Patrice Duhamel le 14 juillet 1978
Politique

INTERVIEW - Patrice Duhamel a été le premier journaliste - avec Yves Mourousi - à interviewer un président de la République un 14 juillet. Emmanuel Macron a "raison" de s'y plier, pour la première fois de son quinquennat, estime-t-il.

Emmanuel Macron a décidé de renouer avec la traditionnelle interview présidentielle du 14 juillet. A 13h10, à l'issue du défilé militaire et en direct de l'Elysée, il répondra aux questions de Léa Salamé et Gilles Bouleau. Un rendez-vous à suivre en direct sur TF1, LCI et LCI.fr.  Sous la Ve République, tous les présidents à l'exception de Nicolas Sarkozy se seront donc pliés à cet exercice. C'est Valéry Giscard d'Estaing qui l'avait instauré en 1978, interviewé par Yves Mourousi et Patrice Duhamel. LCI a joint ce dernier pour évoquer ces rendez-vous.  

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LCI : Quelle était la motivation de Valéry Giscard d’Estaing le 14 juillet 1978, lorsqu’il vous accorde cet entretien ?

Patrice Duhamel : Il cherchait un nouveau mode d’expression, vivant, pas une allocution mais une interview à bâtons rompus. Le rituel c’était de commencer l’entretien par des questions sur la dépense, le défilé, pour justifier que ce soit fait dans la foulée du 14 juillet. Je pense aussi que parler à cette date lui est apparu naturel, et qu’il voulait en faire un moment solennel en nous recevant à l’Elysée. Sur une photo prise ce jour-là, nous sommes dans les jardins, et derrière nous on voit la foule présente pour la Garden party. 

Cet été 1978, il était au zénith : la majorité, divisée entre giscardiens et chiraquiens, venait de gagner les élections législatives alors que la gauche avait beaucoup progressé. Donc il avait sa majorité, un âge flatteur, tout se passait bien pour lui.

Pourquoi ce rendez-vous a-t-il perduré et est devenu incontournable ?

Ca plaisait aux gens, ça faisait une énorme audience, c’était naturel. L’avantage à 13 heures c’est que ça peut durer longtemps, en tout cas plus qu’à 20 heures lorsque les programmes du soir doivent être lancés.  

"Un très bon jour pour faire une interview"

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Nicolas Sarkozy estimait que la date n’était pas propice aux interventions médiatiques et aux annonces, que les Français avaient déjà la tête aux vacances. Etes-vous d’accord ?

Non, je pense que c’est un très bon jour pour faire une interview et dire des choses fortes, car c’est un jour légitime. C’est logique que le 14 juillet le président parle aux Français. D’ailleurs des choses fortes ont été prononcées lors de ces interviews. En 1986 François Mitterrand explique qu’il refusera de signer les ordonnances de dénationalisation. On se souvient aussi de la petite phrase de Jacques Chirac sur Nicolas Sarkozy – "Je décide et il exécute" - et en 1995 il annonce la reprise des essais nucléaires interrompus par son prédécesseur.  

Pensez-vous qu’Emmanuel Macron souhaite relancer cette tradition, ou que la date s’est imposée à lui, alors qu’il avait de toute façon prévu de s’adresser aux Français ?

Je ne sais pas s’il continuera, de toute façon il ne lui en restera qu’un, l’année prochaine, avant la fin de son quinquennat. Mais je trouve ça logique qu’il le fasse. Il a fait beaucoup d’allocutions où il était seul, donc je pense qu’il a raison de faire une interview.

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