Equipe de France de foot de l'Assemblée nationale : on a parlé ballon rond (mais pas que) avec son meilleur joueur

Equipe de France de foot de l'Assemblée nationale : on a parlé ballon rond (mais pas que) avec son meilleur joueur

Politique
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INTERVIEW – Le député REM, Adrien Taquet, va défendre mercredi soir avec ses collègues parlementaires les couleurs de l’équipe de football de l’Assemblée. Passé par le PSG lors de sa jeunesse, il a bien failli embrasser une carrière de footballeur professionnel avant de finalement opter pour des études supérieures. Il a confié à LCI ses souvenirs de jeune footballeur.

A 40 ans, il pourrait déjà être à la retraite... Sauf qu’Adrien Taquet n’est jamais devenu footballeur professionnel. Entre 15 ans et 17 ans, il joue en cadet au PSG. Mais l’envie de faire des études est plus forte que la passion du ballon rond. La politique est d’ailleurs déjà dans un coin de sa tête. Après le bac, direction la fac de droit de Nanterre puis Sciences Po Paris. Puis il 'tombe dans la pub presque par hasard', comme il le dit lui-même. 


Il y a quatre ans, il créé sa propre agence "Jesus et Gabriel". Fin 2015, il fait une rencontre qui va quelque peu bouleverser sa vie professionnelle, celle d’Emmanuel Macron. Le jeune ministre de l’Économie prépare déjà secrètement son OPA sur l’Élysée. Adrien Taquet sera l’un des pionniers de cette aventure politique. C’est d’ailleurs lui qui va souffler à Emmanuel Macron l’idée d’appeler son mouvement "En Marche". 


En juin dernier, il est élu député des Hauts-de-Seine. Et c’est tout naturellement qu’Adrien Taquet intégre l’équipe de foot de l’Assemblée nationale, créé en 2014. Profondément remaniée à la suite des élections législatives, l’équipe dispute son premier match de la législature ce mercredi soir face au Variétés Club de France. 

LCI : Adolescent, vous jouiez au PSG. Certains de vos coéquipiers de l'époque ont connu une belle carrière. Vous aussi vous auriez pu devenir professionnel ?

Adrien Taquet : Je ne sais pas si j’aurais pu devenir professionnel, ce serait un peu présomptueux de le dire. Je jouais en cadet nationaux à l’époque avec Pierre Ducrocq, Didier Domi et Grégory Paisley. Ce sont les trois qui ont vraiment percé… Les deux premiers étaient déjà dans les équipes de France de jeunes, ils étaient clairement au-dessus du lot. Grégory Paisley, lui, était régulièrement blessé. Et dans un centre de formation, quand vous êtes trop souvent blessés, vous vous faites dégager. Mais lui, le PSG l’a gardé, sans doute parce qu’il avait détecté son potentiel. La suite a d’ailleurs donné raison au club.

LCI : Et vous ?

Adrien Taquet : Moi, je manquais de maturité sur le terrain. Y’a des choses que j’ai comprises, sur la façon de jouer, la technique, le positionnement, que plus tard.

LCI : Vous n’avez aucun regret ?

Adrien Taquet : On a toujours des petits regrets, notamment celui de ne pas jouer au Parc des Princes. Une année, nous devions jouer en lever de rideaux à trois reprises au Parc. Mais les équipes adverses avaient refusé parce qu’elles pensaient que ça nous donnerait un avantage psychologique. Ce qui est assez triste et lamentable pour les gamins qui, eux aussi, auraient rêvé de jouer au Parc des Princes.

LCI : Quel était votre poste de prédilection ?

Adrien Taquet : De formation, je suis ailier droit. Je courais assez vite. Pour la petite histoire, je ne suis pas sûr que le PSG était le bon centre de formation pour m’aider à percer. On jouait en 4-4-2 et je me suis retrouvé à jouer milieu droit. C’est assez frustrant… Et si j’avais voulu devenir pro, ce qui n’était pas le cas parce que je savais déjà que je voulais faire des études, j’aurais dû partir dans un centre de formation comme celui de l’AJA Auxerre, qui jouait en 4-3-3 avec deux vrais ailiers.

LCI : Et ce soir, vous occuperez quel poste ?

Adrien Taquet : Je suis annoncé comme ailier droit. Mais j‘ai une crainte parce que je n’ai pas joué depuis six mois et j’ai un petit souci au niveau du talon d’Achille. Mais je vais quand même jouer…

Les tacles politiques restent à l’Assemblée mais ça ne veut pas dire qu’on ne se taclera pas sur notre niveau footballistique respectif Adrien Taquet

LCI : Jusqu’à présent, l’équipe de foot de l’Assemblée n’a guère brillé (aucune victoire et deux lourdes défaites au compteur depuis 2014 chaque fois contre le Variétés Club de France). Mais avec vous, Guy Roux possède son Neymar. Les choses pourraient s’améliorer…

Adrien Taquet : Non, il n’a pas vraiment son Neymar... Mais l’équipe de cette mandature est quand même beaucoup plus jeune que les précédentes puisqu’il y a eu un vrai rajeunissement de l’Assemblée. Donc on devrait le ressentir sur le terrain. Ce soir, il y aura des jeunes de 25-26 ans, en bien meilleure forme physique que moi, qui vont jouer. Ce sont surtout sur eux qui vont tirer l’équipe vers le haut. Moi je suis un vétéran maintenant.

LCI : L’équipe de foot de l’Assemblée est composée de députés de tous bords. Ce qui veut dire qu’on laisse les désaccords politiques au vestiaire ? Y compris avec François Ruffin ?

Adrien Taquet : Bien sûr ! C’est l’institution qu’on défend… Les tacles politiques restent à l’Assemblée mais ça ne veut pas dire qu’on ne se taclera pas sur notre niveau footballistique respectif et qu’on n’en fera pas, in fine, une arme politique (rires).

LCI : De tous bords... Enfin, presque. Il n’y a aucun député FN dans l’équipe. Est-ce un choix politique de la part des autres groupes ?

Adrien Taquet : A ce que j’en sais, pas du tout. Je pense qu’aucun d’entre eux ne s’est porté candidat. Tous les députés ont reçu une invitation pour rejoindre l’équipe. Certains ont répondu, d’autres pas… Si les députés du Front national siègent en commission parlementaire, il n’y a pas de raisons qu’ils ne puissent pas jouer dans l’équipe de foot s’ils le souhaitent.

LCI : Votre équipe est ouverte aux femmes. Mais seule la députée Marietta Karamanli s’est manifestée pour jouer. Elles étaient un peu plus nombreuses lors de la précédente mandature. Vous déplorez ce manque de mixité ?

Adrien Taquet : On est ouvert à la mixité, ce qui n’est pas le cas de toutes les équipes de foot. Moi je trouve ça très bien. Il y a déjà une femme avec nous. Alors après, ce serait bien qu’il y en ait plus mais chacun mène les activités sportives qui lui plaisent.

LCI : Enfin, quel est votre pronostic pour le match de ce soir ?

Adrien Taquet : Je ne connais ni le niveau de l’équipe en face, ni celui de mes coéquipiers. J’ai quelques doutes sur mon propre état de forme physique donc je ne vais pas m’avancer. On va déjà essayer de faire mieux que l’équipe de la législature précédente.

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