Ruffin réagit aux stock-options de Pénicaud : "On se moque de qui, là ?"

Politique

INTERVIEW - Muriel Pénicaud a touché un million d'euros, grâce à une opération boursière après un licenciement de 900 personnes à Danone où elle était alors DRH. La ministre du Travail a dénoncé des "amalgames". Pour le député France insoumise, François Ruffin, réalisateur de Merci Patron, si les faits sont avérés, "ce pantouflage est scandaleux".

Les révélations de L'Humanité sur la plus-value d'un million d'euros réalisée par la ministre du Travail Muriel Pénicaud lorsqu'elle était directrice des ressources humaines chez Danone ne lassent pas de faire réagir. Après que l'ex-patronne du Medef Laurence Parisot s'est dite "scandalisée" que certains "essaient de faire de cette affaire un scandale" sur notre plateau, c'est au tour du député de la France insoumise François Ruffin de réagir à la nouvelle affaire Pénicaud.

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LCI : En quoi faire une plus-value boursière peut poser problème ?

François Ruffin : C'est gros comme un hippopotame ! Je trouve cela scandaleux de licencier dans une entreprise qui se porte bien, déjà. Ce qui était le cas de Danone. De ces licenciements, elle aurait tiré des revenus exorbitants. Et en plus, Muriel Pénicaud nous explique aujourd'hui qu'elle va mener une loi travail dans laquelle elle veut plafonner les indemnités aux prud’hommes, que les salariés touchent quand ils sont licenciés. On se moque de qui, là ?

LCI : Pour vous, est-ce un nouveau problème pour le gouvernement d'Edouard Philippe ?

François Ruffin : Mais pas du tout! Elle est tout à fait à sa place dans ce gouvernement. Elle est représentative de la politique actuelle d'Emmanuel Macron. Il ne faut pas oublier que notre Président vient du monde de la banque. Dans ce gouvernement, il existe une confusion permanente entre le monde de l'argent et celui de la politique. Il est tout à fait logique qu'elle y soit ministre. Elle a le même profil que les autres ministres et que le président.

LCI : Pensez-vous qu'une moralisation de la vie économique puisse être envisagée, sur le même principe que la moralisation de la vie politique ?

François Ruffin : Justement, non. Début juillet, Emmanuel Macron a fait son discours de politique générale à Versailles. Là, face aux parlementaires, il n'a pas une seule fois parlé de la toute-puissance des banques, de stock-options ou encore de licenciement boursiers. Pareil pour son Premier ministre, Edouard Philippe. Pas une seule fois, il n'a abordé ces questions. Nous, nous avons déposé des centaines d'amendements à ce sujet pour mettre un terme à ses pratiques indécentes du monde économique, pas un seul n'a été étudié correctement. Pendant la loi de moralisation de la vie politique, les dirigeants nous expliquent que ce n'est pas le moment d'en parler. Et avec la loi travail, on ne va même pas pouvoir discuter. Donc bon. Quand pourrons-nous aborder ces questions, je l'ignore. Ceux qui font les lois viennent du monde de l'entreprise, sont d'anciens directeurs des ressources humaines. Et ceux qui subissent les lois, les ouvriers, eux, ils n'ont pas leur mot à dire.

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Depuis plusieurs jours la loi de moralisation de la vie politique est débattue à l'Assemblée nationale. Entre cafouillages et rappels au réglement, les députés de la France insoumise ont quitté l'hémicycle ce jeudi soir vers 23h. "J'ai l'impression qu'on se fout de notre tronche. On peut jouer un petit peu et vous le refusez monsieur le président. Vous n'avez pas la science infuse" lançait ainsi François Ruffin. Pour autant, le texte devrait être validé avant la fin de la session parlementaire prévue jeudi 3 août.

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