Eric Woerth fustige "la danse du ventre" de Macron sur la réforme des retraites

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La réforme des retraites, dossier explosif pour l’exécutif

REPLAY - Invité de LCI, mercredi 28 août, l'ancien ministre du Budget, auteur d'une réforme des retraites lors de son passage au pouvoir en 2010, n'apprécie pas le changement de pied du président de la République dans sa réforme des retraites.

C'est le dossier social particulièrement sensible de la rentrée : la réforme des retraites. Emmanuel Macron s'y est attaqué, lundi 26 août, sur France 2, en revenant sur une des pistes principales explorées par l'exécutif pour changer son approche. Exit "l'âge d'équilibre", qui incitait les Français à travailler davantage, indifféremment de leur nombre d'années de cotisation, pour pouvoir prétendre à une pension pleine, re-bonjour la hausse du nombre de trimestres. 

Augmenter le nombre de trimestres, "c'est contradictoire"

Un changement de pied, et non pas de cap, puisqu'il s'agit toujours de travailler davantage, qui ne reçoit pas l'assentiment d'Eric Woerth, président LR de la Commission des finances à l'Assemblée. L'ancien ministre du Budget, invité de LCI mercredi 28 août, plutôt fan de la première proposition gouvernementale, ne s'y retrouve plus : "Qu'est-ce que c'est que cette danse du ventre ?" s'est-il demandé. "Nous sommes dans un système qui ne fonctionne pas si mal, puisqu'il n'y pas tant d'injustices que ça", en réponse à l'argumentaire présidentiel selon lequel le fameux âge d'équilibre serait "injuste".  "La retraite, poursuit-il, est le miroir de votre carrière. S'il y a des injustices, ce n'est pas tant au moment de la retraite, que pendant la carrière, et c'est là qu'il faut les corriger", dit-il, en écho aux critiques sur les inégalité qui naîtraient des 42 régimes de retraite.

Interrogé par Elizabeth Martichoux, le député Les Républicains de l'Oise ne s'arrête pas là. Il voit dans la volonté présidentielle d'augmenter le nombre d'années de cotisation une position contradictoire, craignant une injustice pour ceux qui font davantage d'étude : "Si vous rentrez tardivement sur le marché du travail, avec une augmentation de la durée de cotisation, vous ne pourrez partir avec une retraite à taux plein que très, très tard. Ce que le président est en train de dire aux Français, c'est : 'Si vous voulez partir de bonne heure à la retraite, ne faites pas d'études'. [...] Alors qu'on dit aux Français que la clé de la lutte contre le chômage, c'est de se former, c'est là que c'est contradictoire !"

Quel futur pour Les Républicains ?

Le député LR  de l’Oise s’est également exprimé sur l’état de son parti qui traverse une crise depuis plusieurs années, renforcées depuis l'élimination au premier tour de son candidat à la présidentielle. "Il faut sortir de la convalescence, il faut inventer d’autres choses face à un pouvoir assez vertical (…) on est rentré la tête la première dans toutes les erreurs que l’on pouvait faire (…) Nous devons essayer de réagir". 

Le scrutin pour la présidence des Républicains se rapproche et le résultat semble joué d’avance avec un grand favori, le président du groupe des députés LR, Christian Jacob. "J’espère qu’il est l’homme pour renouveler le parti", a confié Eric Woerth qui a pourtant donné son soutien à Guillaume Larrivé, favorable à un nouveau code du travail et à une proposition de loi qui supprime le droit du sol. "Il y avait suffisamment de parrainages auprès de Christian Jacob", s’est expliqué Eric Woerth. Concernant la proposition du candidat sur le droit du sol, il avoue "ne pas être très emballé".

Violences contre les policiers et les pompiers, des statistiques "insupportables"

Eric Woerth a également réagi aux chiffres concernant les outrages et les violences envers les policiers et les pompiers (près de 200 par jour en juillet). "Ces statistique sont tout à fait insupportables (…) La justice doit aussi rentrer dans la danse et plus qu’elle ne le fait aujourd’hui". Il  a également estime qu’il existe un "désordre national" et que "l’autorité régalienne doit prendre le dessus, c’est la démocratie qui est en jeu".

Alpinisme près de Chamonix : "les internautes sont toxiques"

Sujet inévitable : la photo de la séance d'alpinisme d'Eric Woeirth, lui même à l'origine de la publication. La twittosphère s'est allègrement moquée de l'image montrant l'homme politique gravir une montagne. Des éléments pouvaient laisser penser que le cliché avait tout simplement été retourné et qu'Eric Woerth se trouvait en réalité à quatre pattes sur la neige et non pas en train d'escalader une véritable pente. Des suspicions infondées, le cliché étant tout à fait authentique, qui ont fait l'objet de milliers de tweets et de plusieurs articles de presse.

"J'essaye d'être alpiniste depuis toujours, a assuré le politicien, la question ne se pose pas. L'humour me va très bien, ce qui est moins bien c'est la malveillance". L'alpiniste amateur a qualifié les internautes de "toxiques". "Je ne crois pas avoir eu tort (...) On demande aux politiques de se montrer sur un autre jour", a-t-il ajouté. Après avoir assuré qu'il republiera des photos similaires, Eric Woerth a clôt le sujet avec une pointe d'humour :  "vive la montagne et vive Chamonix".

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