"Je comprends le ras-le-bol des paysans" : sur LCI, Didier Guillaume réagit à la situation des agriculteurs

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INTERVIEW - Le ministre de l'Agriculture était l’invité politique d’Elizabeth Martichoux ce mardi 22 octobre. Il a apporté son soutien aux agriculteurs qui se plaignent de l'"agri-bashing" dont ils sont victimes alors qu'ils manifestent devant les préfectures, ce mardi.

Elizabeth Martichoux recevait ce mardi matin sur LCI, dans le cadre de son interview politique, Didier Guillaume. Un ministre de l’Agriculture qui doit faire face, aujourd’hui, à une forte contestation du monde paysan, à travers des opérations escargots et des rassemblements dans la matinée devant toutes les préfectures aux cris de "Macron, réponds-nous !", pour protester contre les surtranspositions de règlements européens, les accords de libre-échange, les retards de paiements des aides européennes, en somme ce qu’ils considèrent comme un "agribashing", soit une déconsidération du monde agricole et de ses pratiques. Passage en revue de ses réponses.

Pour le ministre, "il faut du respect dans la vie". "Les agriculteurs demandent le respect des citoyens, il faut que les agriculteurs respectent le président de la République. On ne dit pas comme ça 'Macron, réponds-nous', s'agace le ministre (...) Ça me choque." "Je pense que le président de la République depuis le début de son quinquennat a répondu à beaucoup de sujets", affirme le ministre.

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"On ne peut pas traiter les agriculteurs de pollueurs", affirme le ministre de l'Agriculture

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"Je partage une grande partie de leurs revendications. Ce n'est plus possible qu'il y ait cette coupure entre les citoyens et les agriculteurs, entre le milieu rural et la métropole", confie le ministre. "On ne peut pas les traiter de pollueurs, d'empoisonneurs", dit avec force le ministre.

"L'agriculture française, pour la troisième année d'affilée, a reçu le titre de l'agriculture la plus durable du monde", s'est félicité le ministre. "On a un toujours un certain nombre de gens qui veulent dénigrer et faire de l'agri-bashing. Je comprends le ras-le-bol des paysans", dit-il.

"On doit aller vers une agro-écologie, mais pas par la violence. Trois bâtiments d’élevage ont été brûlés récemment. Dans quelle société vivons-nous ? C’est inacceptable. Si on continue, on mangera des aliments de moins bonne qualité. Et ce sera la fin de notre vivre-ensemble.", prône le ministre de l'Agriculture.

Vers une uniformisations des normes ?

Interrogé sur l'uniformisation des normes des produits canadiens avec ceux des agriculteurs français, Didier Guillaume se dit pour. "Nous avons demandé une uniformisation des normes. Le problème, c’est qu’il y a élections actuellement au Canada. On va devoir attendre quelques semaines. Le plus important, c’est de ne plus importer de produits qui ne respectent pas les normes françaises. La viande canadienne est très bonne pour la santé, mais il y a un problème de concurrence déloyale", lance Didier Guillaume.

"Ils (les agriculteurs) ne veulent pas du Ceta, je le comprends, mais je souhaite que nous montions la gamme qui vient du Canada, et que nous réglions le problème de la farine qui nourrit leurs animaux. On ne peut pas accepter de concurrence déloyale dans le libre-échange.", selon le ministre.

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La loi EGalim "n'a pas porté ses fruits"

Votée l'an dernier, la loi EGalim était censée revaloriser les revenus des agriculteurs en répartissant mieux la valeur entre distributeurs et producteurs. Sur LCI, le ministre reconnaît son inefficacité. "Elle n’a pas porté ses fruits. Les filières agricoles doivent imposer leurs prix, au deca duquel nous refusons de vendre aujourd’hui. C’est inacceptable. Ce que je dis aux agriculteurs, c’est que ça commence maintenant", dit le ministre.

"Si je vais rectifier la loi ? Pas pour l’instant. Après un problème de timing l’an dernier, les négociations commerciales vont vraiment commencer cette année. Et les grandes enseignes seront sanctionnées si elles ne jouent pas le jeu. Une grande surface a déjà pris 110 millions de pénalité. La grande distribution doit prendre ses responsabilités. On se donne encore un an pour voir si cette loi fonctionne.", confie Didier Guillaume.

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Incendie de Lubrizol : "Les choses avancent, mais elles ne peuvent pas avancer plus vite"

"Il y a un mois il y avait un incendie terrible et aujourd’hui, tous les contrôles ont été faits, tout les produits ont été remis à la vente. Nous avons obtenu du patron mondial de Lubrizol qu’il crée un fonds pour indemniser les agriculteurs. Les choses avancent, mais elles ne peuvent pas avancer plus vite.", reconnaît le ministre. "J’espère qu’il y aura au moins 9 millions d’euros tout de suite dans ce fonds. Les pollueurs doivent payer. Les agriculteurs sont souvent qualifiés ainsi alors que souvent, ils sont des victimes. En tout, ce fonds devrait s’élever à 40 ou 50 millions d’euros d’indemnisation, selon nos calculs. Ensuite, il faudra une surveillance renforcée des sols, nous nous y emploierons.", affirme le ministre.

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