INTERVIEW - Wauquiez justifie les relations avec l'Arabie saoudite par les emplois créés

FACE-À-FACE - Est-il cohérent d'entretenir des liens avec l'Arabie saoudite quand on lutte contre l'islam radical ? Interrogé sur le sujet par Audrey Crespo-Mara ce mardi matin sur LCI, Laurent Wauquiez a estimé que l'emploi créé en France justifiait les moyens.

N’est-ce pas paradoxal de lutter contre l’islam radical en France et de faire du commerce avec des pays comme l’Arabie Saoudite  ? Telle fut la question posée au président par intérim des Républicains Laurent Wauquiez, invité de LCI ce mardi matin. Mais alors que les châtiments proclamés en Arabie saoudite, pays ultraconservateur régie par le wahabbisme (une version rigoriste de la charia), sont souvent comparés à ceux de Daech, Laurent Wauquiez estime qu’il n’y a "pas de paradoxe à faire du commerce avec des pays qui créent de l’emploi en France". Après avoir tourné autour de la question, le président du parti de droite a fini par couper court, arguant que "l’Arabie saoudite ne finançait pas le terrorisme" et donc, qu'il n'y avait aucun mal à ce que la France traite avec ce pays. 

Mais comment prétendre le contraire quand on connait les relations étroites de Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de droite et proche de Laurent Wauquiez, avec le roi d'Arabie saoudite, Salmane Abdelaziz Al Saoud, qu’il a visité au Maroc le 3 août dernier ? Et que l'on se souvient que l'ex chef de l'Etat, dans un discours du 14 janvier 2008 à Ryad, avait affrimé : "L'Arabie Saoudite et la France partagent les mêmes objectifs d'une politique de civilisation, parce que l'Arabie Saoudite et la France ont le même souci de tout faire pour que soit évité le choc des civilisations et la guerre des religions, parce que l'Arabie Saoudite et la France ont toutes deux dans le monde, chacune à sa manière, une influence morale qui leur fait un devoir de se battre pour la paix et pour la justice". 


Selon certains dirigeants du Golfe, les relations de l'ex-président et du Qatar seraient plus étroites encore. Certains suggèrent que le divorce  de Nicolas Sarkozy pourrait avoir été financé par l’argent versé par le Qatar à la Libye, en échange de la libération des infirmières bulgares détenues par le régime de Kadhafi, en 2007. Des accusations que l'Elysée s'était à l'époque empressé de démentir. Comme le souligne Libération, "sous Sarkozy", la France est devenue "l’objet de toutes les convoitises des investisseurs qataris". En témoigne l'exonération d'impôt dont avait bénéficié la famille royale sur ses plus-values immobilières. En effet, "la Qatar Investment Authority prend 6% de Vinci, 5% de Veolia" et a racheté 70% des parts du PSG. Ca en fait de la paperasse. Laurent Wauquiez a raison, ça crée de l'emploi. 


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