"Islamo-gauchisme" : Frédérique Vidal maintient son enquête à l'université

Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, à l'Assemblée nationale.

POLÉMIQUE- Confrontée à des appels à la démission, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a confirmé ce dimanche que l'étude sur "l'islamo-gauchisme" à l'université demandée au CNRS sera bien menée.

Frédérique Vidal tente de sortir de la tourmente. Le gouvernement, lui, veut "passer à autre chose". Alors que la ministre de l'Enseignement supérieur a déclenché une polémique en dénonçant l'"islamo-gauchisme" qui toucherait, selon elle, le société française et notamment les universités, Frédérique Vidal s'est expliquée dans un entretien accordé au Journal du dimanche. Si elle souhaite "qu'on relève le débat" sur cette question, la ministre ne recule pas. 

Elle a confirmé le maintien de l'enquête demandée mardi au CNRS. La ministre souhaite que l'organisme scientifique réalise "un bilan de l'ensemble des recherches" qui se déroulent en France afin de distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme. Le CNRS avait accepté de participer à l'étude demandée tout en regrettant "une polémique emblématique d'une instrumentalisation de la science". 

Dans le monde académique, les propos de la très discrète Frédérique Vidal ont suscité de vives réactions. À tel point que 600 universitaires (enseignants, chercheurs...) ont réclamé samedi, dans une tribune publiée par le journal Le Monde, sa démission en lui reprochant de "faire planer la menace d'une répression intellectuelle". À cela Frédérique Vidal a répondu que "ce n'était pas son intention" de froisser les universitaires et que chacun "doit pouvoir s'exprimer'. 

Frédérique Vidal récuse avoir voulu mettre en place une "police de la pensée". La ministre y voit un "procès d'intention" et assure au contraire vouloir "déconstruire l'idée qu'il y aurait une pensée unique sur certains sujets et (...) protéger le pluralisme des idées à l'université". Dans les colonnes du JDD, elle réclame "une approche rationnelle et scientifique du sujet." Selon la ministre de l'Enseignement supérieur, il serait nécessaire de "quantifier les choses, sortir du ressenti et du présupposé."  

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Après plusieurs jours de polémique, le porte-parole du gouvernement a tenté - lui -  d'éteindre la polémique ce matin. Lors du Grand jury RTL/LCI/Le Figaro,  Gabriel Attal a espéré que "l'on puisse passer à autre chose". Même si "des situations interpellent - des pièces de théâtre, des conférences sont empêchées de se tenir - ce débat qui concerne des faits extrêmement isolés doit-il monopoliser l'intégralité du débat sur l'université? Je ne crois pas" et "Frédérique Vidal le partage", a-t-il estimé. 

"La priorité c'est d'aider les étudiants à traverser la crise", a ajouté Gabriel Attal.  Pas sûr que cet appel à "passer à autre chose" soit entendu pour autant. Yannick Jadot, l'eurodéputé et probable candidat à la primaire EELV, a ainsi réclamé la démission de la ministre ce dimanche, estimant que l"islamo gauchisme" "ne correspond à rien". Quant  au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, il apporté au contraire un soutien appuyé à sa collègue ministre, la jugeant "très courageuse".  

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