"Je n'ai pas relayé de fake news" : quand Florian Philippot s'arrange avec la vérité

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Marine Le Pen perd la présidentielle

MAUVAISE FOI - Invité de la matinale d'Europe 1 ce lundi, Florian Philippot a affirmé avec aplomb ne pas avoir "relayé de fake news" durant la campagne présidentielle. Pourtant, trois jours plus tôt, le vice-président du FN avait diffusé sur Twitter un faux texto.

Pris la main dans le sac. Invité d'Europe 1 ce lundi matin, Florian Philippot a été interrogé sur sa responsabilité dans la défaite de Marine Le Pen, notamment via la propagation de fake news - comprendre, fausses informations -. Sourcils froncés, visiblement agacé par la question du journaliste, le vice-président du FN rétorque alors qu'il n'a "pas relayé de fake news". "Si, sur Twitter", lui rétorque Thomas Sotto.


En effet, vendredi dernier, l'élu frontiste avait publié sur le réseau social un échange de textos dont l'un d'entre eux, attribué à un militant rémois d'En Marche!, appelait à "tuer" Marine Le Pen, alors en visite surprise à la cathédrale de Reims. Problème : c'était un fake. 


Contacté par LCI, "En Marche Reims" dément être à l'origine de ce SMS et dénonce un "faux". "Nous n'avons pas besoin de telles méthodes", nous affirme Franck Mitouart, le créateur et responsable communication du comité. "Je n'ai pas envoyé ce type de message. Je suis extrêmement vigilant sur ce que je publie, nous avons une éthique dans le mouvement". 

Selon lui, il s'agit d'un faux mal fabriqué par le Front national. Il en veut notamment pour preuve le format de l'heure visible avant le message : 9H32 au lieu de 9:32. Franck Mitouart nous précise également que pour communiquer entre eux, les membres du comité utilisent le terme "marcheurs" plutôt que "militants".


Plutôt que de se justifier, Florian Philippot a affirmé sur Europe 1 que "le problème n'était pas d'avoir relayé un texto dont chacun pensait qu'il était vrai au départ", mais la "manifestation de violences qui n'a pas été condamnée par les équipes de M. Macron".

"Il y a aussi eu le 'MacronLeaks'", assène Thomas Sotto. "Oh ben ça j'en sais rien", s'emporte alors Florian Philippot. Pourtant, le 5 mai dernier, alors que l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron venait de dénoncer une "action de piratage massive" de ses données après la diffusion sur les réseaux sociaux d'informations internes, l'élu frontiste s'était fendu d'un tweet bien senti, à quelques minutes de la fin de la campagne officielle : "Les #Macronleaks apprendront-ils des choses que le journalisme d'investigation a délibérément tues ? Effrayant, ce naufrage démocratique". 


Problème : parmi ces données se trouvent aussi "des faux documents diffusés afin de semer le doute et la désinformation", avait averti l'équipe d'Emmanuel Macron. Sur Europe 1, le vice-président du FN a une nouvelle fois tenté de se justifier, affirmant : "Pour le 'MacronLeaks', si Monsieur Macron s'estime diffamé, il saisit la justice et c'est tout à fait son droit, mais on ne peut pas balayer d'un coup tout cela". 

Toujours le 5 mai dernier, Florian Philippot avait également réagi à une interview de Marine Le Pen dans un média italien où la candidate aurait qualifié François Fillon de "merde". L'équipe de Front national avait plaidé une mauvaise traduction des propos et Florian Philippot avait même indiqué que le journaliste avait "lui-même démenti". Mais, interrogé par l'AFP, le journaliste en question, Aldo Cazzullo, avait dit le contraire "Elle a dit 'ce sont des merdes'. J'ai fait mon travail".

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