"Je suis très en colère" : sous le feu des critiques après les révélations de Mediapart, De Rugy se défend et exclut de démissionner

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Affaire Rugy : le ministre de l'Écologie poussé à la démission

AFFAIRE DE RUGY - Après les révélations de Mediapart notamment sur son train de vie alors qu'il présidait l'Assemblée nationale, François de Rugy n'a eu d'autre choix que de contre-attaquer. Refus de démissionner, tricherie, détestation du caviar... Ce qu'il faut retenir de son intervention face à Jean-Jacques Bourdin, ce vendredi 12 juillet.

Face à Jean-Jacques Bourdin, le ministre de la transition écologique François de Rugy a livré ses explications ce vendredi 12 juillet. Un exercice périlleux au cours duquel ce dernier a tenté de calmer la polémique qui enfle suite aux révélations à la chaîne du site Mediapart. Premier temps de son intervention, qui a le mérite d'être clair, où le numéro deux du gouvernement a exclu très nettement de démissionner : "Je n'ai absolument pas de raisons de démissionner. Je l'ai dit au Premier ministre qui ne me l'a pas demandé." François de Rugy a également affirmé bénéficier de la confiance du président, un soutien renouvelé en Conseil des ministres mercredi 10 juillet.

A la question de savoir s'il avait songé à quitter son poste au ministère de l'écologie, François de Rugy a reconnu d'emblée avoir pensé à "tout abandonner". Au bord des larmes, le ministre a vivement réagi à la nouvelle salve de Mediapart publié jeudi 11 juillet concernant la location d'un logement social à Nantes : "Quand on est attaqué matin, midi et soir, que tous les jours sortent des nouvelles choses qui sont fausses, et bien évidemment, on peut avoir envie de rester chez soi. On peut avoir envie de lâcher prise. Mais je ne le ferai pas, car je suis très en colère quand je lis un article qui prétend que j'occupe un logement social." 

"Une tricherie du propriétaire"

Après la publication d'un message jeudi soir sur Facebook, une heure avant les dernières révélations de Mediapart, François de Rugy s'est exprimé une nouvelle fois au sujet de la location de son logement de 48 mètres carré à Orvault, près de Nantes, et s'est estimé  "victime d'une tricherie du propriétaire et de l'agence immobilière" affirmant que "l'agent immobilier ne me l'a jamais dit". 

Puis le ministre a confié qu'il envisageait de demander "une enquête sur cette agence immobilière et ses pratiques, éventuellement sur la propriétaire. Si elle a sciemment accepté de louer un logement à quelqu'un avec des revenus supérieurs au plafond fixé par la loi Scellier, c'est qu'elle n'a pas respecté la loi". 

Au sujet des dîners organisés à l'Hôtel de Lassay et des homards au menu de l'un deux qui font tant jaser, François de Rugy a cru bon de préciser qu'il ne mangeait ni homard, ni caviar : "Ça vous surprend qu’à l’Assemblée nationale, on puisse être amené à servir du homard ? Moi je n’aime pas ça, je n’en mange pas. (...) Je n’aime pas les huîtres, je ne prends pas de champagne ! Le champagne, ça me donne mal à la tête. Je déteste le caviar !" 

Et comme pour se détacher du luxueux train de vie que l'on lui impute, le ministre a également expliqué ne pas être "amateur de grands crus" : "Je n’ai jamais acheté une bouteille de vin de plus de 30 euros de toute ma vie. Les vins de l’Assemblée nationale sont servis par son personnel qui choisit". S'agissant du sèche-cheveux plaqué or commandé aux frais de l'Assemblée alors qu'il en était le président, François de Rugy a répliqué avec véhémence : "On raconte maintenant que j'ai fait acheter un sèche-cheveux plaqué or. C'est n'importe quoi, qu'ils me le montrent ce sèche-cheveux. (...) Il y a un sèche-cheveux à l'Assemblée nationale, mais il n'est pas plaqué or". 

François de Rugy a par ailleurs dénoncé les "déclarations à la va-vite pour se faire bien voir". Par ces mots, le ministre vise expressément Benjamin Griveaux, en campagne pour les municipales à Paris, qui a estimé ce vendredi sur France 2 que l'affaire donnait "une image terrible" et qu'il fallait "être exemplaire à tous les étages". 

 François de Rugy a qualifié les révélations de Mediapart de "mensonges" et qu'il envisageait "de porter plainte (contre Mediapart, ndlr) pour dénonciation calomnieuse". 

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