Jean Castex, un ex haut fonctionnaire et élu local au test de l'Assemblée nationale

Jean Castex, un ex haut fonctionnaire et élu local au test de l'Assemblée nationale
Politique

GOUVERNEMENT - Premier ministre depuis moins de deux semaines, Jean Castex prononce mercredi 15 juillet son discours de politique générale devant les députés. L'occasion de revenir sur le parcours de cet énarque de 55 ans, recruté en mai pour coordonner les travaux de l'exécutif en vue du déconfinement.

Premier ministre depuis deux semaines avec 600 jours devant lui pour défricher le "nouveau chemin" souhaité par le présdient de la République. A 55 ans, Jean Castex, nommé vendredi 3 juillet à Matignon en remplacement d'Edouard Philippe, fait ses premiers véritables pas dans l'arène politique, mercredi 15 juillet, en prononçant son discours de politique générale. Un exercice qu'il perçoit comme "un rendez-vous avec soi-même", où "il faut sentir le pays, à la fois s'inscrire dans les orientations du chef de l'Etat et puis avoir conscience qu'il faut faire des choses précises et concrètes, parce qu'on a 600 jours". Face à une majorité en difficulté, qui a perdu un certain nombre d'éléments en route, il ne devrait toutefois pas avoir de difficultés à obtenir la confiance des députés. Un exercice particulier pour cet élu local, qui s'enorgueillit de "ne pas venir du sérail"

Le nouveau Premier ministre, peu connu des Français, n'est pourtant pas un nouveau venu sur la scène politique. Son nom avait commencé à se faire entendre pour avoir été missionné par l'exécutif pour coordonner le plan de déconfinement du territoire après la crise sanitaire. Cet élu local - réélu maire de Prades au premier tour, le 15 mars dernier, et conseiller départemental des Pyrénées-Orientales -, avait été nommé par Edouard Philippe, qui saluait en lui une personnalité "d'une redoutable efficacité". 

"C'est l'homme du déconfinement réussi", saluait-on à l'Elysée le jour de sa nomination, qui voyait chez cette personnalité un symbole du "gaullisme social". 

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Un long passé ministériel à droite

Avant de devenir le M. Déconfinement du gouvernement, Jean Castex, a déjà occupé des fonctions en lien direct avec l'exécutif. Président de l'Agence nationale du sport, il a été aussi le "Monsieur JO 2024", en tant que délégué interministériel aux jeux Olympiques et Paralympiques et aux grands événements sportifs. 

Issu de la droite - il a démissionné de LR avant sa nomination à Matignon -, cet énarque (promotion Victor-Hugo, 1991) n'a certes pas connu autant de maroquins que ses pairs du gouvernement, mais est tout de même passé par la Cour des comptes, a longtemps gravité dans la sphère ministérielle sous les mandats de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy. Il a notamment occupé, entre 2004 et 2006, la fonction de directeur de l'hospitalisation et de l'organisation des soins (actuelle DGOS), qui chapeaute la mise en oeuvre de la politique de santé, de l'organisation de l'offre de soins aux plans de santé publique. Il a ensuite suivi Xavier Bertrand en devenant son directeur de cabinet lorsque ce dernier a occupé le ministère de la Santé. 

Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, il a occupé en 2010 les fonctions de conseiller aux affaires sociales à l'Elysée en remplacement de Raymond Soubie, avant d'être nommé secrétaire général adjoint de l'Elysée jusqu'en 2012. "Jean Castex est quelqu’un pour lequel Nicolas Sarkozy a beaucoup de respect, d’amitié, et même d’affection", commentait, réjoui, un membre de l'entourage de l'ancien Président, précisant que Jean Castex avait appelé ce dernier juste après sa nomination.

Jean Castex a toujours tenu à la double casquette de "techno" et d'élu de terrain. "Etre énarque, je n'en ai pas honte. Ce n'est pas un défaut", affirmait-il en 2008. "En même temps, je pense qu'il est bien qu'il n'y ait pas que des gens du même sérail exerçant les fonctions. Passer par des responsabilités de terrain est un enrichissement indispensable.

Ancien soutien de François Fillon à la présidentielle

Bien qu'il ait soutenu François Fillon à la primaire de la droite en 2016, ce proche de Nicolas Sarkozy a rapidement trouvé un écho au sein de l'actuel exécutif. C'est sous le gouvernement d'Edouard Philippe qu'il a été nommé, en septembre 2017, délégué interministériel en charge des JO. 

Il avait été fortement pressenti, un temps, pour succéder à Gérard Collomb à la tête du ministère de l'Intérieur. Sa candidature avait été poussée notamment par Edouard Philippe, avant que Christophe Castaner ne lui soit préféré pour occuper la place Beauvau. Un parcours qui laisse penser qu'en le choisissant, Emmanuel Macron a surtout préféré une nouvelle équipe plutôt qu'un "nouveau chemin". D'autant plus qu'il a ainsi remplacé un Premier ministre de droite par un autre Premier ministre de droite. "Je suis radicalement en désaccord", a asséné Emmanuel Macron, qui a voulu croire "au dépassement". Il le faudra pour rassurer une majorité législative qui espérait, après la défaite aux municipales, un tournant marqué plus à gauche.

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Son nom avait également circulé pour prendre la succession de Guillaume Pépy à la tête de la SNCF. Il s'était finalement consacré à sa mission de préparation des JO 2024, une fonction directement rattachée à Matignon, pour coordonner l'action des ministères dans la perspective de cet événement sportif, jusqu'à sa la crise sanitaire.

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