Invité de LCI, le centriste Lagarde s'en prend à Macron : "Ça manque de travail"

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PERPLEXITÉ - Invité de LCI ce mercredi, le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde, n’a pas épargné le programme d’Emmanuel Macron, avec qui il s’était pourtant déclaré ouvert aux discussions il y a quelques semaines.

La filiation paraissait naturelle il y a quelques semaines, du moins un peu plus évidente. Mais entre Emmanuel Macron et le centre, qu'il s'agisse du Modem, de l'UDI ou des Centristes, les désaccords sont semble-t-il désormais irréversibles.


Invité de LCI ce mercredi 14 décembre, le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, est revenu sur ses relations avec le candidat d’En Marche ! Alors qu’il lui avait tendu la main en août dernier en estimant que son parti avait "vocation à parler" entre "un centre gauche" et un "centre droit", il fait volte-face. Jean-Christophe Lagarde s’est montré perplexe quant au projet de l’ancien ministre de l'Economie. 

On peut discuter, ça ne veut pas dire créer une alliance. Je trouve que son projet est très fou et n’est pas prêt.Jean-Christophe Lagarde

Pour étayer ses dires, Jean-Christophe Lagarde s’est appuyé sur deux exemples précis, quitte à forcer quelque peu le trait.

La CSG payée par les retraités ?

D’abord sur la CSG. "Quand il dit qu’il veut augmenter la CSG pour permettre une augmentation directe du salaire des salariés, en moyenne cela veut dire tout simplement que vous allez augmenter le salaire de 50 € mais la cotisation de 30 €. Bénéfice : 20 €. Mais qui paye ? Tous ceux qui ne peuvent pas travailler plus pour gagner plus : les retraités."


Avant de continuer : "On va augmenter sur les retraites pour pouvoir donner 20 € de plus par mois aux salariés ? C’est une proposition qui n’est pas travaillée."


Sauf que ce n’est pas tout à fait vrai. Dans les faits, il ne s’agirait que d’une partie des retraités qui financeraient cette disposition, à savoir les plus aisés (en tout cas pas les 40 % les plus modestes).

Une démission subventionnée ?

Autre point sur lequel le président de l’UDI s’est montré dubitatif, les indemnisations accordées aux salariés en cas de démission.


"Quand il dit qu’on peut démissionner dans le privé et qu’on peut toucher le chômage ? Ça veut dire qu’on va permettre aux gens de prendre une année sabbatique tous les trois ans ?"


Là encore, légère exagération du député-maire de Drancy. Dans son projet, Emmanuel Macron préconise cette mesure afin que "tous les cinq ans, les salariés puissent avoir accès au chômage s’ils décident de démissionner". Et une différence d'interprétation : Emmanuel Macron voit plutôt là un droit à démissionner et une protection supplémentaire afin de donner aux salariés "un véritable droit à la mobilité professionnelle" et d’être "couverts contre les risques" et la précarité.


Dans tous les cas, Jean-Christophe Lagarde semble avoir pris définitivement ses distances avec le candidat Macron. D’une part il tance un programme "manquant de travail" et a par ailleurs réaffirmé son soutien à François Fillon, investi par la primaire de la droite et du centre.

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