Jean-François Copé sur la loi anti-burqa : Sarkozy et Fillon "ont menti"

POLITIQUE - Jean-François Copé était l'invité du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro ce dimanche. Le maire de Meaux est revenu sur le vif échange qui l'a opposé à Nicolas Sarkozy sur l'origine de la loi sur l'interdiction de la burqa dont il revendique la paternité et la nécessité.

C'était  l'une des répliques marquantes du débat qui opposait les candidats à la primaire de droite le 13 octobre dernier. Nicolas Sarkozy lançait, cinglant, à Jean-François Copé : "La loi sur la burqa, pardon Jean-François, ce n’est pas toi qui nous l’as imposée. Et tu étais bien incapable d’imposer ni au Premier ministre ni au président de la République quoi que ce soit. Pas plus hier qu’aujourd’hui."  Invité ce dimanche du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, le maire de Meaux, candidat à la primaire de la droite en vue de la prochaine présidentielle,  est revenu sur ce vif échange. 

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"J'ai entendu cette phrase très violente (de Nicolas Sarkozy, NDLR) que j'ai regretté. Je me suis dit en le voyant : 'quand changera-t-il ?' (...) On ne peut pas être ainsi méprisant à l'égard de celui qui a raison, car j'avais raison", a commencé Jean-François Copé avant de rappeler la genèse du projet de loi contre la burqa. 


"Il y a eu une phrase de Nicolas Sarkozy que j'ai trouvé bien molle lors d'un discours au congrès de Versailles : 'la burqa ne sera pas la bienvenue en France'. Il a dit cette phrase car nous étions quelques parlementaires à nous inquiéter sérieusement et à être unanime sur le fait qu'il y avait un phénomène très grave que moi j'ai vu à Meaux : une femme portant un masque intégral ce qui était pour moi un déni d'identité pour les femmes". 

"Ils ont menti"

Après ce discours, le candidat à la primaire de droite et ses soutiens enclenchent une démarche pour faire interdire la burqa. Il décrit alors ce qui, selon lui, s'apparente à des réticences de la part de l'exécutif en évoquant "un bras de fer" avec ce dernier. "Rien ne se passait. Je fais une interview dans le Figaro Magazine six mois après le discours de Nicolas Sarkozy à Versailles où j'expose le projet de loi. J'explique que nous, parlementaires, feront cette loi sauf si l'exécutif le fait. François Fillon sollicite alors en catastrophe le Conseil d'Etat en se disant : 'notre dernière chance c'est que le Conseil d'Etat empêche les parlementaires de faire une loi d'interdiction de la burqa'. Ce que le Conseil d'Etat fait en disant : 'pas de loi'". 


Jean-François Copé a par ailleurs exprimé son incompréhension face à ces blocages. "Je me suis entendu dire par Nicolas Sarkozy et François Fillon : 'on ne ne va pas faire une loi pour 2.000 femmes' là où je disais que même pour une seule il faut la faire.". Questionné sur le fait que Nicolas Sarkozy et François Fillon ont menti lors du débat sur l'origine de la loi interdisant la burqa , le maire Meaux a répondu par l'affirmatif. "Ils ont menti au sens où ce n'est évidemment pas eux qui ont été à l'initiative. C'est nous. J'ai déposé la proposition de loi le 5 février 2010. C'est alors que le gouvernement a décidé d'en faire une et elle a été adoptée en octobre 2010", a détaillé Jean-François Copé qui estime "avoir pris tous les coups dans cette histoire". 



Par ailleurs, le maire de Meaux avait, reçu le soutien inattendu de la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse,  concernant la paternité de la loi anti-burqa, à l'issu du débat. 

Revoir le débat de la primaire , le 13 octobre sur LCI et TF1 (Vidéo intégrale)

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